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STIERS,DIDIER; BRADFER,FABIENNE; CROUSSE,NICOLAS

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Mercredi 23 avril 2008

La forêt de Mogari

On aime sans retenue la beauté apaisante de ce conte zen, Grand prix du Festival de Cannes 2007, bien que les protagonistes – un vieil homme et une jeune femme désemparés d’avoir un jour perdu chacun un être cher – vont devoir affronter leurs abîmes, se perdre dans une forêt comme en eux-mêmes, se ressourcer à la terre avant de pouvoir se sentir à nouveau vivants. La Japonaise Naomi Kawase aborde nos rapports avec les personnes âgées avec une bouleversante intelligence et une subtile sensibilité. Méditation sur la mort, ce film délicat, lyrique, contemplatif et pictural passe par la douleur, mais nous met aussi en osmose avec les éléments jusqu’à la cime des arbres. Cela donne des images d’une beauté magistrale.

Dix ans après sa Caméra d’or pour Suzaku, Naomi Kawase ose un cinéma poétique radical, sublimé, et nous envoûte. Il suffit de lâcher prise, de se laisser happer par sa profonde humanité et son immense beauté. Au bout du chemin surgit l’illumination. Pour l’humain et le 7e art. Cela porte un seul nom : l’amour.

Never back down (Ne jamais reculer)

Pour un peu, on pourrait croire qu’être scénariste à Hollywood, c’est comme faire parfumeur dans les souks du Caire. Vous savez, ces magiciens qui, avec quelques fioles remplies de mystérieux liquides, vous recréent n’importe quel parfum plus ou moins de luxe. On s’y tromperait ! La seule différence, c’est que les scénaristes susmentionnés ne sont pas tous des magiciens. Et que mélanger – disons au hasard – du Step up, du Fight club, beaucoup de Karate kid, une goutte de Million dollar baby, une larmichette de Scorpion (avec Clovis Cornillac) et quatre séquences de « mixed martial arts » ne donnera jamais ne fût-ce que l’illusion d’un bon film. Voyez plutôt…

Jake (Sean Farris, sorte de Tom Cruise jeune) a décrété que l’accident de voiture ayant coûté la vie à son père était de sa faute. Depuis, il baffe le premier qui lui cause de cette histoire. L’une de ces bagarres a fait le tour de YouTube, lui valant une réputation certaine. Laquelle le précède lorsqu’il déménage à Orlando, avec sa mère et son petit frère. Ryan McCarthy (Cam Gigandet, toutes plaquettes de chocolat dehors) n’a qu’une idée en tête : lui mettre une raclée, histoire d’assurer son statut de meilleur cogneur local. Il faudra toute la sagesse de Jean Roqua (Djimon Hounsou), entraîneur de free fight exilé aux USA, pour calmer Jake. Et encore…

Avec ses bimbos en bikini, sa blonde de service, ses dialogues d’un creux donnant une bonne idée de l’infini et sa morale assez limite, Never back down a, un temps, caracolé dans les hauteurs du box-office américain. Foncièrement, ça fout plus la trouille que de se retrouver coincé dans un « full nelson » ! Et ça fait vite oublier les quelques prises de vues intéressantes et les deux ou trois touches d’humour de ce film de Jeff Wadlow.

The band’s visit (La visite de la fanfare)

C’est une fable sans prétention, mais qui trouve d’emblée le bon tempo pour nous conduire sur le chemin de la rencontre des peuples, du rapprochement, du pardon, de la tolérance. C’est une fable qui, mine de rien, brasse le burlesque et les absurdités de la vie, de la bureaucratie, des cultures, du genre humain.

Avec ce film inattendu et plein de fraîcheur, l’Israélien Eran Kolirin joue habilement sur les contrastes, adoptant un savoureux ton minimaliste décalé comme peuvent l’avoir les films de Kaurismaki ou un certain cinéma de l’Est.

Tout le film est centré sur une petite fanfare de la police égyptienne qui débarque en Israël pour la cérémonie d’inauguration d’un centre culturel arabe. Seulement, à cause de la bureaucratie, d’un manque de chance ou autre circonstance, personne ne les accueille à l’aéroport. Ils tentent alors de se débrouiller seuls, pour finalement se retrouver au fin fond du désert israélien, dans une petite ville oubliée du monde.

Un groupe de musiciens perdu au beau milieu d’une ville perdue… Pour une chronique drôle et grave à la fois. Pour le plaisir, et un peu plus…

The mist David Drayton et son jeune fils Billy sont bloqués dans un supermarché, entouré par une étrange brume. Alors que tous les clients – enfermés – essayent de cohabiter dans le calme, David se rend compte que le brouillard est habité par des créatures étranges. Qui s’apprêtent à les dépecer un à un… à moins que les petits condamnés ne décident de s’unir.

Il y a monstres et monstres, observe le réalisateur Frank Darabont. Il y a ceux, sanguinolents et aux trognes d’Halloween, qu’on reconnaît au premier coup d’œil. Et puis, il y a ceux auxquels on ne pensait pas spontanément et qui se révèlent lorsque tombent les masques. Quelques-uns deviendront des héros – et tâchez de ne pas rire, bande de lecteurs irrespectueux ! D’autres verseront du côté obscur.

Film d’horreur de routine, tiré d’un roman de Stephen King, The mist ne nous tire guère de la brume aux éternels croque-morts que dans son dernier quart d’heure où, tout à coup, quelque chose vous prend – surprise ! – et ne vous lâche plus.

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