Les couacs du Belgian Circus
BRAECKMAN,COLETTE
Jeudi 24 avril 2008
Pour rendre acceptables les critiques, il faut non seulement voir d’où vient ce pays, mais tenir compte des avancées déjà réalisées, que nul n’aurait osé imaginer voici dix ans.
En plus du fond, il y a l’équité. Le trio gouvernemental belge a-t-il jamais dénoncé dans les mêmes termes la corruption au Kazakhstan ou en Chine, le recours à la force dans le cadre de la lutte antiterroriste des Américains ? Des ministres belges, ailleurs qu’au Congo, se permettent-ils de fixer les agendas d’un chef d’Etat, d’arriver en retard lors des rencontres, de lire des bulletins avec bons et mauvais points, d’asséner en présence de collaborateurs des vérités d’ordinaire réservées à de prudents huis clos ? Triste expertise, que celle de la gaffe et de l’arrogance…
Et d’un point de vue belgo-belge cette fois, on ne peut que constater que la volonté de parler d’une seule voix n’a abouti qu’à une belle cacophonie ; les maladresses, volontaires ou non, de M. De Gucht ont embarrassé ses deux collègues mieux éduqués, tronqué leur propre message, en espérant qu’elles n’hypothèquent pas leur politique, fondée sur une sincère volonté de partenariat. Le Congo ne mérite pas d’être le bac à sable dans lequel la nouvelle coalition gouvernementale fait de la musculation et des exercices de voix…
