Un souffle de paix sur le Golan
DUMONT,SERGE
Jeudi 24 avril 2008
Proche Orient Ehoud Olmert envisage de rendre le plateau occupé à la Syrie
David Tal n’est pas le seul à refuser toute évacuation puisque le très influent ministre de l’Agriculture Shalom Simhon (travailliste), Shaoul Mofhaz et quelques autres sont sur la même ligne. Ils exigent la tenue d’un débat au sein du cabinet alors qu’une série de députés préparent un projet de loi instaurant un référendum sur l’avenir du Golan.
Tout a commencé mercredi matin, lorsqu’une petite agence de presse syrienne a annoncé qu’Ehoud Olmert avait fait savoir à Bashar el-Assad, le président syrien, qu’il envisageait favorablement le retrait israélien du Golan. Ce message a semble-t-il été transmis par l’intermédiaire du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, dont un collaborateur joue depuis de nombreux mois l’intermédiaire entre Damas et Jérusalem. Reprise par l’ensemble des médias syriens puis israéliens, l’information a rapidement fait le tour de la région. Elle a d’ailleurs été confirmée par Assad en personne. Quant à Erdogan, il se rendra samedi à Damas pour y apporter un message en provenance de l’Etat hébreu.
De son côté, Olmert semble avoir choisi la politique du silence. Il refuse de confirmer l’information publiée en Syrie… mais il ne la dément pas non plus. « Le Premier ministre connaît parfaitement le prix à payer pour la paix », répètent ses conseillers.
Ces derniers mois, Olmert et Assad ont échangé une vingtaine de messages confidentiels par l’intermédiaire du médiateur turc. Ce dialogue s’est d’ailleurs poursuivi lorsque les deux pays ont entamé des manœuvres militaires sur le Golan et même lorsque l’aviation israélienne a rasé, le 6 septembre dernier, un site nucléaire en cours de construction sur le sol syrien.
Pour l’heure, la censure militaire israélienne continue de maintenir une chape de plomb autour de cette opération, mais des représentants des agences américaines de renseignements, qui s’exprimaient ce jeudi devant une Commission du Congrès américain, ont confirmé que l’Etat hébreu a rasé un centre d’enrichissement de matières fissiles construit par la Corée du Nord pour le compte de la Syrie.
A la suite de ce bombardement, Israël a en tout cas multiplié les messages d’apaisement adressés au régime de Damas. « Nous ne voulons pas la guerre et nous sommes prêts à discuter d’un accord de paix impliquant le retrait du Golan en échange de l’arrêt de votre soutien au Hezbollah et au Hamas », disaient-ils en substance. De son côté et en dépit de ce raid, Assad a également multiplié les déclarations affirmant que son pays est « prêt à la paix » en échange du Golan.
Depuis 1967, environ 17.000 colons se sont installés sur le Golan dont la « capitale » porte le nom de Katzrin, un site mentionné dans la Bible. Durant les combats de la guerre des Six jours, près de 100.000 Druzes syriens avaient quitté les lieux mais 5000 sont restés sur place. Considéré comme « stratégique » pour Israël en raison, entre autres, de ses nombreuses ressources en eau, le Plateau a été purement et simplement annexé par une loi du 14 décembre 1981.
En février 2000, Ehoud Barak, alors Premier ministre, et Hafez el-Assad (le père du président syrien actuel) avaient, sous la supervision de Bill Clinton, déjà négocié un traité de paix prévoyant le retrait israélien du Golan par étapes. Mais Barak a eu peur de la réaction de son opinion publique et il a refusé de finaliser tout ce qui avait déjà été négocié.
« Depuis lors, huit années ont passé et nous sommes de nouveau entrés dans une période intéressante », déclare le ministre israélien des Affaires sociales Yaacov Herzog (travailliste). « Certes, la conclusion de la paix n’est pas pour demain matin mais nous échangeons des messages de plus en plus précis : chaque partie connaît l’ampleur des concessions qu’elle aura à faire. A partir de là, tout n’est plus qu’une question de volonté et de courage politique ».
L’ONU a interrompu jeudi ses distributions de nourriture dans la bande de Gaza après l’épuisement de ses stocks de carburant, a annoncé Adnane Abou Hasna, porte-parole de l’Unrwa, l’Agence pour les réfugiés palestiniens. « Les contacts avec le gouvernement israélien se poursuivent mais nous n’avons reçu aucun litre de carburant de la part d’Israël », a précisé M. Hasna. Les autorités israéliennes, de leur côté, ont aussitôt rejeté la responsabilité de la situation sur le mouvement islamiste Hamas. (afp)
