Radionomy, chemin des webradios
DRESSE,ISABELLE
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Vendredi 25 avril 2008
Internet La radio en kit, pour les auditeurs et les annonceurs
L’idée de cette start-up belge : permettre à chacun de créer sa propre radio, ou plus exactement sa webradio, sans avoir à s’occuper des frais de diffusion, ni des droits d’auteur qui sont payés par la société. Le site Radionomy met à la disposition des programmateurs en herbe une bibliothèque de plus de 60.000 morceaux de musique ainsi que des jingles ou d’autres contenus. Les utilisateurs pourront y ajouter des morceaux provenant de leur propre discothèque, des podcasts, des jingles de leur cru.
Autre particularité de site, le « Radio Manager », un outil, en version beta aujourd’hui, qui permet d’opérer un travail de programmation assez fin. L’éditeur de la radio établit dans quelle catégorie de musique l’ordinateur doit aller pêcher en fonction du moment de la journée, du morceau qui précède, de celui qui suit, etc. Une machine qui devrait être capable de générer ce petit supplément d’âme qui fait qu’une radio est audible ou pas.
Si chaque créateur de radio espère s’attirer un maximum d’auditeurs pour la gloriole ou le plaisir de partager ses goûts musicaux, cette question de l’audience se pose de manière plus cruciale pour les fondateurs du projet. A moyen terme, c’est la publicité qui doit financer la plateforme. Radionomy va petit à petit introduire des messages publicitaires sur les radios. « Maximum 4 minutes par heure. C’est-à-dire bien moins que la pression publicitaire sur les grandes radios. »
Pour que les annonceurs investissent, il faudra leur parler de chiffres d’audience. Soulignons que le projet prévoit de rémunérer les créateurs de radio qui parviendront à capter de grandes audiences. A ce jour, deux annonceurs ont accepté de jouer le jeu : Renault et Belgacom. D’autres suivront sans doute. Les annonceurs pourraient également profiter de l’outil pour lancer des radios aux couleurs de leur marque. Gilles Bindels n’est pas en mesure de dire aujourd’hui si la commercialisation de la plateforme sera prise en charge en interne ou par une régie externe. Plusieurs ont marqué leur intérêt.
Il faut dire que Radionomy ne manque pas d’ambition : « On table sur la mise en ligne de 4000 radios et 200.000 auditeurs pour fin 2008 », explique Gilles Bindels lors d’une présentation devant le secteur publicitaire. Des objectifs qui montent à 200.000 radios et 1.200.000 auditeurs pour fin 2012. Soit une moyenne de 6 auditeurs par radio. Des chiffres qui montrent clairement qu’on se situe davantage dans le modèle du « long tail » que dans le média de masse. Gilles Bindels est confiant : « Une étude française de l’Ipsos montre que la radio et l’internet sont les deux médias dont la consommation va augmenter dans les années à venir. L’écoute de la radio est la quatrième activité que les gens font lorsqu’ils sont en ligne. En Europe, selon l’IAB, 20 % des internautes écoutent la radio en même temps. Des radios connues, c’est vrai mais également des radios qui n’existent que sur le web. »
Une semaine après l’ouverture au grand public, le site compte environ 3000 membres et connaît des pics allant jusqu’à 20.000 visites par jour. Seules une centaine de radios sont disponibles actuellement. Les fondateurs ont préféré brider le système dans un premier temps, en délivrant les autorisations de création au compte-gouttes. Le temps de s’assurer que la technique suit.
Les grandes radios doivent-elles s’attendre à voir fondre leur part de marché ? Dans le secteur, la réponse est unanime : les grandes marques continueront d’attirer le plus grand nombre. « Il s’agit davantage d’un médium complémentaire, estime Marc Vossen, directeur de Nostalgie qui a dans ses cartons un projet similaire. Nostalgie voudrait proposer à ses auditeurs de créer leur propre Nostalgie, en puisant dans notre stock de musique. » Par ailleurs, différents médias sont en discussion avec Radionomy pour fournir à la plateforme du contenu spécifique, comme les informations par exemple.
La « Radio money » de la KBC
« Les canaux de communication traditionnels ne suffisent plus. Aujourd’hui, les annonceurs doivent créer leur propre média », estime Bert Van Wassenhove, directeur de l’agence interactive gantoise One-Agency. La création de webradios est une des solutions que One-Agency propose à ses clients. Dernier lancement en date : la KBC-radio. En néerlandais uniquement mais l’exemple est intéressant. Cette webradio s’adresse en premier lieu aux clients de la banque qui font leurs opérations bancaires via le site mais elle est également disponible sur www.kbc-radio.be. Une fois le « player » ouvert, l’internaute/auditeur a le choix entre 4 types d’ambiances : calme, up tempo, souvenirs, nocturne. Il peut ensuite affiner son choix parmi différentes sous-thématiques. KBC-Radio utilise un algorithme mis au point par la société louvaniste Aristo Music afin de générer un flux musical qui corresponde aux attentes des auditeurs. Aristo Music gère également les droits d’auteur.
Si malgré tout le morceau diffusé ne plaît pas, l’internaute peut passer directement au suivant.
Toutes les trois chansons, la KBC glisse un message publicitaire, que l’auditeur est libre de skipper également. « Jusqu’à présent, il s’agit de spots que l’on peut entendre également en radio, explique Bert Van Wassenhove. Etant donné que nous sommes en phase de test, nous voulions profiter du matériel disponible. Mais on peut imaginer de glisser d’autres contenus comme des informations plus spécifiques sur les produits de la banque, des podcasts sur d’autres sujets, des infos, la météo. »
Lancée au début du mois d’avril, la KBC-radio parvient à attirer autour de 500 auditeurs par jour qui restent branchés en moyenne 20 minutes. Mais l’audience n’est pas tout. Par cette opération, la KBC veut élargir le portefeuille de ses propres clients. Outre le service rendu, l’objectif de la webradio est de retenir plus longtemps l’internaute sur le site en espérant qu’il s’intéresse aux produits de la banque.
Pourquoi pas, tant que la musique est bonne…
