Le CD&V tente de désamorcer la bombe BHV

n.c.

Dimanche 27 avril 2008

Le CD&V souhaite que les partis francophones enclenchent une nouvelle procédure en conflit d’intérêts pour éviter que la proposition de loi scindant l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ne revienne trop vite à l’agenda de la Chambre.

Une nouvelle procédure en conflit d’intérêts arrangerait bien le CD&V, a laissé entendre le sénateur Hugo Vandenberghe. Elle éviterait que la proposition de loi scindant l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ne revienne trop vite à l’agenda de la Chambre. Si ce n’était pas le cas, la situation politique sera intenable, a averti M.Vandenberghe au cours de l’émission « Mise au point » (RTBF).

Au mois de novembre, à la suite du vote Flamands contre francophones intervenu en Commission de la Chambre, le parlement de la Communauté française a approuvé une motion en conflit d’intérêts qui a paralysé la suite du travail à la Chambre et empêché l’envoi du texte en séance plénière. Entre-temps, un accord est intervenu au sein du groupe Octopus sur un premier paquet de transferts de compétences. Cet accord précisait que le dossier BHV ferait l’objet d’une solution négociée.

La procédure en conflit d’intérêts prendra fin le 1er mai et, en principe, le texte devrait venir en séance plénière de la Chambre. Jeudi, les présidents de parti francophones ont toutefois décidé de ne pas enclencher une nouvelle procédure en conflit d’intérêts, conformément, disent-ils, à l’accord qui prévoit que BHV doit faire l’objet d’une solution négociée.

Le risque est grand dès lors que chaque semaine à la Chambre, le Vlaams Belang et la Lijst Dedecker fassent pression sur les autres partis flamands pour que la proposition soit inscrite à l’ordre du jour de la séance plénière et approuvée définitivement.

Le CD&V, en cartel avec les nationalistes de la N-VA, craint que la situation ne devienne politiquement intenable. M. Vandenberghe l’a expliqué aux représentants des partis francophones sur le plateau de « Mise au Point ». Il n’a pas demandé expressis verbis le vote d’une nouvelle motion en conflit d’intérêts mais il a rappelé très clairement que l’accord politique au sein du groupe Octopus avait été conclu dans le cadre d’un scénario qui voulait que les partis francophones enclenchent la cascade de conflit d’intérêts à leur disposition.

« Jamais, nous n’avons souscrit un engagement disant que la procédure parlementaire était suspendue », a-t-il ajouté.

Au contraire du sénateur, le député Luk Van Biesen (Open Vld) a remercié les partis francophones de ne pas avoir relancé un conflit d’intérêts. Il reste peu de temps pour trouver une solution négociée, a-t-il concédé, mais il est convaincu que la large assise parlementaire dont dispose le gouvernement permettra d’y arriver. Le sp.a a dit lui aussi sa faveur pour une solution négociée.

Néanmoins, si la majorité décidait de voter la proposition de loi scindant BHV, les socialistes flamands se joindraient à elle, a indiqué Bruno Tobback. L’ancien ministre voit par ailleurs dans l’attitude des partis francophones une tentative de faire exploser le cartel CD&V/N-VA. « Bien joué. Tout mon respect mais on peut se demander si les présidents de parti n’ont pas mieux à faire que ça », a-t-il souligné.

L’attitude du CD&V a suscité l’étonnement du MR. « La formule du CD&V qui dit : ’s’il vous plaît, empêchez-nous de faire une bêtise’ me paraît un peu infantile », a ironisé le chef de groupe à la Chambre, Daniel Bacquelaine.

Selon lui, il incombe aux partis signataires du premier accord Octopus de respecter leur engagement. Les autres partis francophones ont abondé dans le même sens. Ils ne voient pas pourquoi ils devraient voter une nouvelle motion. « Pourquoi ouvrir son parapluie quand il ne pleut pas ? », s’est demandée la co-présidente d’Ecolo, Isabelle Durant. « Que l’on n’aborde pas le printemps des provocations », a demandé la vice-première ministre PS, Laurette Onkelinx.

Les négociations sur le deuxième paquet de transfert de compétences devront s’ouvrir prochainement, la date butoir du 15 juillet se rapprochant. Dans l’opposition, les Verts se disent prêts à participer aux discussions comme ils l’ont fait pour le premier paquet. Le sp.a est beaucoup plus réticent. « Pour la deuxième phase, s’il y a de bonnes propositions, je les voterai mais ne comptez plus sur le sp.a pour participer à une discussion qui ne sert qu’à maintenir debout un gouvernement », a expliqué M. Tobback.

(d’après Belga)

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