La nocivité des ondes GSM en débat

SCHOUNE,CHRISTOPHE

Mardi 29 avril 2008

Téléphonie mobile

Le fédéral promet une info exhaustive sur l’impact sanitaire des ondes pulsées. Côté wallon, un large débat public est sur les rails.

Faut-il craindre l’exposition prolongée aux champs électromagnétiques ? À lire le site fédéral informant le public sur la question, les citoyens peuvent dormir sur leurs deux oreilles à côté de leur GSM : « La recherche scientifique actuelle a conclu que les rayonnements des téléphones mobiles ne nuisent pas à la santé dans des circonstances normales, affirme ce site. De plus, il ne faut pas craindre le fait d’habiter d’antennes soit préjudiciables à la santé… »

Malgré les critiques opposées depuis des mois par des associations et certains experts, le maintien de ces affirmations ne manque pas de laisser perplexe si l’on prend connaissance de certaines études relatives aux conséquences du smog électromagnétique. Le site aurait-il été écrit sous la dictée de Belgacom, comme l’a laissé supposer au Parlement la députée Thérèse Snoy (Écolo) ?

Ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS) considère que ce site n’est pas de son ressort, mais bien du ministre en charge de la Protection du consommateur (NDLR : Paul Magnette), dont le cabinet nous renvoie à la « sous-commission téléphonie mobile » (sic) de la Commission de la sécurité des consommateurs : « Les trois opérateurs ont bel et bien été associés à la réflexion et à l’élaboration des consignes de prudence, nous précise-t-on au secrétariat de ladite Commission. Mais ils ont émis leur point de vue au même titre que les experts et observateurs indépendants invités à formuler des remarques. En définitive, c’est la Commission qui a décidé du contenu… »

Pourquoi le site ne prend-il pas en compte les conclusions moins rassurantes de certaines études ? « Une mise à jour sera faite sous peu, nous précise-t-on, qui englobera les conclusions du rapport BioInitiative… »

Note au gouvernement wallon

Publiée l’an dernier en partenariat avec l’Agence européenne de l’Environnement, cette méta-analyse soulignait les risques divers liés à l’exposition chronique aux ondes pulsées : maladies d’Alzheimer et neurodégénératives, problèmes de fertilité, troubles du sommeil, de l’apprentissage et de la mémoire, perturbation de l’immunité, cancers et électrohypersensibilité…

Interpellée par plusieurs députés à ce sujet, Laurette Onkelinx se borne aux constats du Comité scientifique des risques émergents de la Commission, selon qui « aucun effet sur la santé n’a pu être démontré à des niveaux d’exposition inférieurs aux limites établies en 1998 ». Mais la ministre souligne que « la base des données pour l’évaluation reste limitée, spécialement pour les effets à long terme. »

Sur base de ces constats, le gouvernement fédéral a observé une position attentiste jusqu’à présent, attendant d’hypothétiques nouvelles recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avant d’adopter des normes plus contraignantes en Belgique. Et pour patienter, Laurette Onkelinx promet la publication d’une brochure « qui mettra en évidence les questionnements scientifiques qui existent ».

Côté wallon, le ministre du développement territorial André Antoine (CDH) vient de solliciter l’avis des communes, des associations, des opérateurs et des experts sur le sujet. Inter-Environnement et l’Institut scientifique de service public (Issep) seront chargés d’opérer la synthèse de ces travaux avant la tenue d’un débat public à la rentrée : « L’objectif est bel et bien de faire une mise à plat du problème et de remettre chacun face à ses responsabilités, précise-t-on au cabinet Antoine. Une note au gouvernement sera ensuite présentée. »

Cette note envisagera-t-elle de durcir l’obtention de permis pour des antennes ? L’exercice sera délicat, car le gouvernement avait décidé d’assouplir ces autorisations en début de législature.

Pas de résultats.