Le TPI en appel contre l’acquittement d’Haradinaj

n.c.

Jeudi 1er mai 2008

Le procureur du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie va faire appel du jugement de l’ancien Premier ministre kosovar Ramush Haradinaj, acquitté début avril de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

« Nous allons introduire notre document d’appel demain » vendredi, a indiqué Olga Kavran, porte-parole du procureur du TPI Serge Brammertz, lors d’un point-presse, sans préciser quels aspects du jugement le procureur comptait contester.

Début avril, la chambre de première instance avait acquitté Ramush Haradinaj, 39 ans, le plus haut responsable kosovar jamais poursuivi par le TPI, accusé de « nettoyage ethnique » durant la guerre du Kosovo (1998-1999).

La nouvelle avait été accueillie avec euphorie par les Kosovars, tandis que le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica avait accusé le TPI de « se moquer de la justice ».

Nombre de témoins se plaignant d’intimidations avaient refusé de venir déposer à son procès à La Haye, obligeant les juges à les convoquer de force. Deux d’entre eux n’ont jamais témoigné.

Vendredi, le TPI a rendu publique l’inculpation de deux hauts responsables kosovars, dont l’ancien ministre de la Culture Astrit Haraqija, également membre du « Comité de défense de Ramush Haradinaj », pour intimidation de témoins lors du procès.

Avec deux autres accusés, Ramush Haradinaj était poursuivi pour des persécutions, meurtres, tortures et viols commis contre des civils serbes et des opposants politiques lorsqu’ils dirigeaient l’Armée de libération du Kosovo (UCK) en 1998 et 1999.

L’un d’entre eux, Idriz Balaj, avait également été acquitté.

Lahi Brahimaj, qui dirigeant le camp de prisonniers de Jablanica (ouest du Kosovo), avait été condamné à six ans de prison.

Le procureur avait réclamé 25 ans de prison à leur encontre.

Les juges avaient souligné le « peu de preuves directes » produites par l’accusation. Ils avaient également insisté sur la peur constatée des témoins à venir déposer.

« Le procès a eu lieu dans une atmosphère dans laquelle les témoins ne se sentaient pas en sécurité », avaient reconnu les juges, avant de préciser que 34 témoins sur 81 avaient bénéficié de mesures de protection.

(d’après AFP)

Pas de résultats.