L’avocat de Fritzl plaidera la démence

n.c.

Lundi 5 mai 2008

L’avocat de Josef Fritzl, l’Autrichien qui a reconnu avoir séquestré et violé sa fille pendant 24 ans en ayant sept enfants avec elle, a annoncé qu’il allait plaider la démence.

Me Rudolf Mayer a déclaré lundi que son client âgé de 73 ans souffrait de troubles mentaux et estime que quiconque présente ce type de maladie psychologique « ne choisit pas » de faire ce que la police dit qu’il a fait.

Me Mayer a précisé que des experts vont devoir examiner l’état mental de Fritzl pour déterminer s’il est apte à être jugé. Il a ajouté que si cet examen concluait à la démence et que Fritzl est reconnu coupable, il serait alors confiné dans un institut psychiatrique plutôt qu’en prison.

Narcissisme malin

Le cas du père incestueux d’Amstetten, Josef Fritzl, qui a séquestré et violé pendant 24 ans sa fille dans sa cave, viols dont sont nés sept enfants, est un cas typique de « narcissisme malin » doublé du plaisir de nuire, selon le criminologue et psychiatre Thomas Müller.

Interrogé par la radio nationale Ö3, M. Müller, auteur d’un ouvrage « L’homme, ce monstre » sur ses expériences avec des cas semblables, a expliqué que pour ce genre de criminels l’amour de la puissance passe par la réduction de ses proches à l’esclavage.

« Ils souffrent de narcissisme malin, ce sont des personnes qui ne peuvent élever leur personnalité ou atteindre leur idéal par eux-mêmes, mais tentent d’obtenir le même effet en amoindrissant les autres en les séquestrant, en les faisant souffrir » afin de se sentir puissants, a-t-il précisé.

« C’est comme si ces gens avaient un grand trou noir en eux-mêmes et qu’avec chaque acte de sadisme ils remplissent le trou noir un peu plus, mais en fait le trou s’agrandit de plus en plus. » À la question de savoir pourquoi ils recommencent régulièrement, Thomas Müller a répondu : « ils sont satisfaits pendant un court laps de temps et découvrent ensuite que ces actes de sadismes ne correspondaient pas exactement à ce qu’ils avaient imaginé, alors ils recommencent ».

Sur les motivations qui peuvent pousser un père à abuser sexuellement de sa propre fille, Thomas Müller a expliqué que le viol, « lorsque l’enfant n’a que 11 ans, est une forme d’exercice de sa puissance parce qu’on contrôle mieux son propre enfant » que quiconque d’autre.

« Mais lorsque la fille grandit, il y a un risque qu’elle se rebelle alors le criminel doit trouver un moyen pragmatique de surmonter cela, par exemple en construisant un bunker dans lequel on l’enferme », a-t-il ajouté.

Il a aussi expliqué qu’en rendant les captifs entièrement dépendants de lui, il assouvit son désir de puissance qui augmente à chaque fois qu’il leur apporte de la nourriture par exemple. Le criminel est à la fois satisfait de voir qu’on a besoin de lui et qu’il a une nouvelle fois pu tromper tout son entourage qui continue d’ignorer ses agissements.

(d’après AP)

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