L’ours polaire n’est pas le plus à plaindre

BINET,AUDREY

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Mardi 6 mai 2008

Climat La biodiversité tropicale davantage menacée

Une hausse d’un ou deux degrés Celsius sous les tropiques mettrait en péril la faune et la flore de ces régions.

Les images d’ours polaires errant dans un décor arctique de plus en plus dénué de glace ont fait le tour du monde. Ces ursidés sont devenus l’emblème d’un réchauffement climatique aux conséquences dramatiques. Mais si les temps sont durs pour ces animaux du Grand Nord, ils pourraient l’être encore davantage pour les espèces tropicales. C’est ce que révèlent des chercheurs de l’Université de Washington. Bien que les variations de températures soient plus extrêmes aux hautes latitudes, une augmentation de seulement un degré ou deux au niveau des tropiques pourrait mettre en péril bon nombre des espèces de ces régions.

Pourquoi une telle sensibilité aux variations de températures ? Parce que les contrées tropicales ne connaissent pas d’alternance des saisons. Le climat y est relativement constant tout au long de l’année. Ainsi, les animaux et plantes que ces paradis terrestres abritent sont adaptés à une petite gamme de températures.

« Il y a une grande corrélation entre la physiologie des êtres et le climat dans lequel ils vivent », explique Joshua Tewksbury, un des auteurs de cette étude. « Sous les tropiques, beaucoup d’espèces vivent à leur optimum thermique, c’est-à-dire à une température idéale pour se développer. Mais si la température dépasse cet optimum, leur aptitude adaptative décline très vite », précise le chercheur.

En Arctique, au contraire, les animaux sont soumis à des conditions climatiques élastiques. D’une saison à l’autre, le thermomètre peut dégringoler loin sous zéro ou afficher une vingtaine de degrés Celsius. Les habitants du Grand Nord évoluent donc sous des températures bien inférieures à leur limite thermique.

Une survie plus large

Selon les scientifiques, cette adaptation à une grande gamme de températures devrait permettre aux espèces polaires de survivre au réchauffement des régions arctiques. Pour évaluer l’impact du phénomène sur la biodiversité tropicale, les chercheurs ont fait le lien entre les modèles de projection climatique et la capacité d’une série d’espèces à s’adapter aux températures augurées pour ce début de XXIe siècle. Les résultats de cette étude sont publiés dans les Annales de l’Académie américaine des Sciences. « Les effets directs du changement climatique sur les organismes dépendent bien plus de la flexibilité de ces derniers que de l’ampleur du phénomène dans les régions où ils vivent », conclut Joshua Tewksbury.

Pas de résultats.