La Tour du Millénaire a les pieds fragiles

PETIT,JEAN-PHILIPPE

Page 11

Jeudi 15 mai 2008

Gedinne La vigie de la Croix-Scaille est malade

En attendant le résultat d’une étude de stabilité, la commune établit un périmètre de sécurité au pied de la Tour du Millénaire.

C’est un peu comme si un castor monstrueux s’était attaqué aux pieds de la Tour du Millénaire qui culmine à soixante mètres au-dessus du plateau de la Croix-Scaille. Deux des trois énormes troncs de pins Douglas, qui supportent l’édifice, sont entamés sur une bonne partie de leur pourtour. Des entailles impressionnantes.

Par mesure de précaution, le collège communal de Gedinne a décidé, mercredi matin, d’interdire toute circulation dans un périmètre de cent mètres autour de la Tour. Du coup, la petite route qui relie Louette-Saint-Pierre à Willerzie est fermée pour une durée indéterminée. « On a déjà fait effectuer une première expertise, explique Vincent Massinon (MR), le bourgmestre de Gedinne. Et la société d’ingénierie, qui travaille pour nous, dit qu’il vaut mieux sécuriser le site le temps de réaliser une étude de stabilité ».

Inaugurée en octobre 2001, la Tour du Millénaire a, donc, été très rapidement victime des outrages du temps. Ou, plus précisément, de la météo. « L’architecte qui a conçu le projet se demande comment l’aubier (la partie tendre du bois, NDLR) des piliers de la Tour est gorgé d’eau. C’est cette humidité qui a sans doute favorisé le développement de champignons », poursuit Vincent Massinon.

En fait, une première attaque avait été signalée dès 2002. Mais à l’époque, les champignons s’étaient desséchés tout seuls. Il y a quelques mois, le bourgmestre a demandé une expertise plus approfondie. « L’an passé, on s’est aperçu que des fourmis s’en prenaient à la base des Douglas, déjà fragilisée. À d’autres endroits, plus haut dans la structure, les piliers sonnent creux. C’est pour les besoins de l’expertise qu’on a creusé le bois sur une certaine profondeur. »

Pérenniser la Tour

Plutôt que de s’appesantir sur la question des responsabilités – c’est la commune qui a fourni les pins à l’entreprise qui les a traités selon les prescriptions de l’architecte – Vincent Massinon veut, avant tout, s’efforcer de pérenniser la Tour. « On s’interroge sur la meilleure façon de traiter le bois. Est-ce que le travail pourra être fait au départ d’une grue, par des techniciens installés dans une nacelle ? Il faudra peut-être mettre la Tour à terre… »

En attendant, la fermeture de la Tour du Millénaire et l’interdiction de circuler aux alentours interviennent au plus mauvais moment. Depuis son inauguration, elle est devenue une attraction touristique importante pour la région. Quelque 10.000 personnes se lancent chaque année dans l’ascension de ses trois étages, sans compter ceux qui se contentent de l’admirer d’en bas. A ce stade, nul ne peut dire quand elle sera rouverte.

La construction de la Tour du millénaire avait coûté quelque 750.000 euros, dont les deux tiers avaient été couverts par un subside de la Région et de l’Europe.

Pas de résultats.