Une grève inadmissible, dit André Antoine

n.c.

Vendredi 23 mai 2008

Le ministre wallon des Transports, André Antoine, a qualifié d’inadmissible le mouvement de grève mené ce vendredi par les TEC wallons. Il souligne que les circonstances sont particulièrement accablantes pour le chauffeur, qui a usé d’une rare violence et qui avait aussi fait l’objet d’une plainte en avril dernier pour des faits similaires. Les chauffeurs des TEC Charleroi vont polonger leur grève jusque mardi. Le trafic des bus a été fortement perturbé ce vendredi en Wallonie.

Le ministre wallon des Transports, André Antoine, qualifie d’inadmissible le mouvement de grève mené ce vendredi dans les TEC wallons. Il souligne que les circonstances sont particulièrement accablantes pour le chauffeur, qui a usé d’une rare violence et qui avait aussi fait l’objet d’une plainte en avril dernier pour des faits similaires. Le ministre refuse que la grève soit utilisée pour faire pression sur la police et la justice.

D’autre part, André Antoine rappelle que le plan Securitec prévoit une concertation renforcée le TEC et la police et la justice, notamment via un renforcement des moyens humains et techniques dédiés à la sécurisation des voyageurs et du personnel des TEC.

Le ministre a invité les syndicats à se rencontrer le 28 mai pour se concerter sur la mise en place du Conseil de Coordination de la Sécurité.

« Ce Conseil devra se réunir dès l’occurrence d’un problème d’insécurité, afin de prendre dans les meilleurs délais les mesures les plus adaptées à la situation », a conclu André Antoine.

La grève prolongée jusque mardi à Charleroi

Après leur assemblée générale, les chauffeurs des TEC Charleroi ont décidé de prolonger leur grève jusqu’à mardi, malgré les réticences des responsables syndicaux. Le ministre des Transports menace de suspendre le crédit d’heures si la grève continuait. Le trafic des bus est fortement perturbé ce vendredi en Wallonie.

L’assemblée générale des chauffeurs des TEC Charleroi, à Jumet, a décidé vendredi matin de poursuivre jusqu’à mardi la grève sur tout le réseau. Les responsables syndicaux ont pourtant plaidé la reprise du travail dès ce vendredi, expliquant que le mouvement risquait de desservir plus que de soutenir la cause du chauffeur incarcéré depuis jeudi, mais un vote a décidé de la poursuite du mouvement.

Il a cependant aussi été décidé de tenir, chaque matin à 10h00, week-end compris, une assemblée générale d’évaluation au dépôt de Jumet, afin de décider de la reconduction ou non du mouvement.

Celui-ci avait débuté aux premières heures de jeudi, alors qu’un chauffeur était entendu par la police à la suite d’une violente altercation avec un passager, samedi dernier à Gilly. Le chauffeur a été placé sous mandat d’arrêt et inculpé de coups et blessures volontaires, ayant entraîné une incapacité temporaire. Le passager a en effet eu la rate perforée, il souffre d’un pneumothorax et il a deux vertèbres démises. Il a passé cinq jours en soins intensifs.

Jeudi, le procureur du Roi de Charleroi a détaillé les motifs de cette incarcération. Il ressort des images filmées depuis deux bus, au moment des faits, que le passager avait demandé à descendre, mais qu’il s’est apparemment trompé de bouton, si bien que le chauffeur a passé l’arrêt, puis a refusé de laisser descendre le voyageur entre deux arrêts. À l’arrêt suivant, en descendant, le passager, un handicapé, a donné un coup de béquille au bus, puis il a été poursuivi par le chauffeur, qui l’a propulsé contre le bus. Le voyageur a alors exhibé un couteau, et le chauffeur a répliqué par un « balayage » avant de porter une série de coups de pieds au passager.

Le chauffeur, un ancien paracommando, avait déjà fait l’objet d’une plainte pour violences en avril, ce qui fait l’objet d’un dossier actuellement à l’information au parquet de Charleroi.

« Violences gratuites »

« Le mandat d’arrêt se justifie pleinement en raison de violences gratuites du chauffeur de bus », a indiqué le procureur du roi M. De Valkeneer. « Ce passager vient de passer cinq jours en soins intensifs et il devra être hospitalisé pendant quinze jours encore », a précisé le procureur du roi.

Il a également décidé de faire visionner jeudi vers 15h30 aux responsables syndicaux des Tec les films enregistrés lors de la scène. Ils ont déjà été visionnés par la direction des TEC. Christian De Valkeneer a également rappelé à cette occasion que la politique du parquet de Charleroi est répressive, quand il s’agit d’agressions commises contre des chauffeurs de bus ou des accompagnateurs de train.

À l’heure actuelle, le passager n’a pas été inculpé, mais il devrait faire l’objet d’une inculpation pour menaces avec arme, a précisé M. De Valkeneer.

Ni l’identité du chauffeur ni celle du passager n’ont été révélées officiellement, mais ils sont tous deux âgés d’une trentaine d’années.

Clients mécontents

À la suite du mouvement de grève organisé ce vendredi dans les TEC wallons, l’ACTP (Association des Clients des Transports Publics) dénonce l’attitude des grévistes « irrespectueuse des règles démocratiques, des intérêts fondamentaux des usagers et de la population en général ».

L’ACTP, qui estime que « ce genre de méthode ne contribue pas à améliorer les relations entre les voyageurs et le personnel des TEC », déplore la disproportion de la réaction.

L’association déplore le manque d’information concernant l’état du trafic sur le site infotec.be et espère que la création prochaine d’un conseil de sécurité pour les TEC permettra de gérer rapidement toute agression grave commise dans un véhicule.

(belga)

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