« Il se passe quelque chose de l’ordre du renouveau »

n.c.

Vendredi 23 mai 2008

Liège et ses cinémas

Sur la veste de Bouli Lanners, un badge : « Liège 2015, capitale européenne de la culture ». Une idée fixe ? Une envie de débat, plutôt. « Pourquoi Mons serait-elle désignée d’office ? Liège a le droit de déposer une candidature. En plus, ici, il s’agit d’une volonté populaire. Les choses avancent par réactions. Et puis, la ville sort la tête hors de l’eau, il se passe quelque chose de l’ordre du renouveau. Les gens doivent être soutenus. Il faut donner un coup de pouce. »

Et si le cinéaste déplore le peu d’intérêt actuel pour le théâtre en Cité ardente, il vante l’éducation culturelle propre aux Grignoux. « Le travail que font les cinémas Churchill, Parc et maintenant le Sauvenière est positif pour toute la ville. Ils ont nourri plusieurs générations. Ce sont de très bonnes salles, il y a des films pointus et des films plus populaires. Je n’avais pas d’éducation cinématographique à la base, j’y ai tout découvert. On y allait avec l’école. Les salles sont occupées toute la journée, des classes défilent. Les enfants commencent leur éducation cinématographique à six ans. Et c’est quelque chose qui paie : Liège est la seule ville où le nombre d’entrées en salles augmente. »

L’arrivée du Sauvenière, ouvert début mai, pourrait renforcer le mouvement. « Il y a une vraie prise de risques, c’est génial. Ça va ramener des gens en salles, au centre-ville. Le bâtiment a de la gueule, esthétiquement. Il peut redonner vie à une place devenue glauque. Puis un complexe pareil consacré au cinéma d’auteur, c’est fantastique. »

Ce cinéma-là, Bouli y croit : « Je n’y croyais plus, mais j’y crois à nouveau. Il faut aller toucher son public, rendre accessible le débat. Ultranova a fait 10.000 entrées, mais je n’ai pas touché le public que je voulais. Alors, ici, j’ai élargi le champ. Il faut aller chercher son public. J’irai présenter mon film aussi dans les petites salles. »

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