Le prix du scénario aux frères Dardenne
n.c.
Dimanche 25 mai 2008
La Palme d’or du 61e Festival de Cannes a été décernée au film « Entre les murs » de Laurent Cantet. Les frères Dardenne ont décroché, quant à eux, le prix du scénario pour « Le silence de Lorna », a annoncé le président du jury Sean Penn.
Le nom du vainqueur a été annoncé à l’issue d’une cérémonie diffusée en clair à partir de 19h15 par Canal+. C’est Robert de Niro qui a remis la récompense suprême du plus grand festival de cinéma du monde. C’est donc le film « Entre les murs » de Laurent Cantet qui a obtenu dimanche la Palme d’or, récompense suprême du Festival de Cannes que la France n’avait pas remportée depuis 21 ans, a annoncé le président du jury, l’acteur et cinéaste américain Sean Penn.
Très ému, Laurent Cantet a reçu son prix, entouré des adolescents du film, alors que la salle lui réservait une vibrante ovation debout. Le dernier film français à avoir remporté la Palme d’or était « Sous le soleil de Satan » de Maurice Pialat en 1987.
« Le film devait ressembler à la société tout entière, il devait être multiple, foisonnant, complexe… il devait y avoir aussi des frictions que le film ne cherchait pas à gommer », a-t-il déclaré en tenant sa Palme. « J’espère que le film ressemble à ça et qu’on ne s’est pas trompés », a ajouté Cantet, expliquant que son film s’était tourné « de manière quasi idéale ». « Les choses se sont enchaînées presque naturellement », a-t-il dit.
Sean Penn a expliqué que le jury avait été unanime sur la Palme d’or, qui récompense « un film vraiment, vraiment étonnant ».
« Entre les murs », cinquième long métrage de Laurent Cantet, plonge dans le quotidien d’une classe de collège parisien où un jeune professeur de français s’efforce d’enseigner à ses élèves une langue différente de la « tchatche ». Festival de joutes oratoires, tour à tour drôle, grave et émouvant, il montre l’école « non pas telle qu’elle devrait être mais telle qu’elle est au quotidien », a expliqué Cantet.
Mi-documentaire mi-fiction, « Entre les murs » s’inspire du livre éponyme d’un professeur, François Bégaudeau, héros du film tourné au terme d’ateliers d’improvisation. Dévoilé à la veille du palmarès, « Entre les murs » a été très applaudi et fortement ému les critiques, tant français qu’internationaux.
Âgé de 46 ans, ce fils d’instituteurs formé à l’Idhec a été révélé au grand public par un premier film marquant, « Ressources humaines », troublante radiographie du monde du travail couronnée de deux César. Il avait ensuite réalisé « L’Emploi du temps » qui relatait le destin tragique du mythomane Jean-Claude Romand, primé à Venise en 2001.
Le prix du scénario a été décerné aux Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne pour « Le silence de Lorna »,. « Merci à mon frère et au jury ! » a lancé à la tribune Jean-Pierre Dardenne en recevant son prix, après que son frère Luc eut remercié l’équipe technique du film.
« Le silence de Lorna » était le quatrième titre des Dardenne en lice pour une Palme d’or qu’ils ont remportée avec « Rosetta » en 1999 et « L’enfant » en 2005. Ce drame de l’immigration avait divisé les critiques.
Dans le film, Lorna, une Albanaise jouée par Arta Dobroshi, a émigré en Belgique grâce à un mariage blanc avec Claudy, un jeune drogué qui tente désespérément de se sevrer – incarné par Jérémie Renier, lancé à 14 ans par « La promesse » des Dardenne.
Cinéastes du réel, émus par la misère et l’injustice sociale, les Dardenne ont mis à nouveau l’immigration au cœur d’une fiction inspirée par un fait divers, douze ans après « La promesse » où un marchand de sommeil exploitait des travailleurs sans papiers.
(D’après AFP)
