Kiptarbei à l’usure, Baouf sans forcer

FRANCESCHETTO,PABLO

Dimanche 25 mai 2008

20 Kilomètres de Bruxelles Pas de doublé belge au Cinquantenaire

Le Kenyan Kiptarbei s’impose après avoir contré Ceulemans. Chez les femmes, Baouf gagne sans concurrence.

Annoncée pluvieuse, la 29e édition des 20 Kilomètres de Bruxelles s’est finalement courue sans une goutte. Sous le soleil de la capitale, un groupe de onze coureurs se détachait déjà dès le bas de la rue de la Loi. Un départ canon, qui voyait le Burundais Gahungu, l’Ougandais Chebet et les Kenyans Kiptarbei et Rotich creuser un écart d’une centaine de mètres sur les Belges Ceulemans et Janssens devant le palais de justice.

La poursuite s’engageait, mais Ceulemans se retrouvait vite seul pour la mener. Profitant de la fraîcheur et du rythme enflammé des fanfares du bois de la Cambre, il trouvait son second souffle et entamait sa remontée dans le faux-plat montant de l’avenue Roosevelt pour revenir sur le quatuor africain au 13e kilomètre. « Si j’avais pu récupérer une minute ou deux à ce moment-là, expliquait-il, j’aurai été en mesure de courir pour la victoire. »

Mais voilà, dès son retour dans le groupe, Kiptarbei attaquait, laissant Ceulemans sur place. « Tactiquement bien joué, reconnaît Ceulemans. Le parcours bruxellois, j’en connais chaque mètre par cœur. Pour eux, j’étais donc le plus dangereux… Mais je suis content de ma prestation. J’ai tout donné et franchement, je n’aurais pas su faire mieux. »

Après cette accélération, l’écart se creusait à nouveau, et les derniers kilomètres se résumaient à une bagarre à deux entre Kiptarbei et Gahungu, devant un public de plus en plus nombreux.

Après être parti seul au 18e kilomètre, le premier l’emportait finalement, en 1 heure, zéro minute et trente-six secondes, soit 4 secondes de plus que Mohammed Mourhit, qui détient toujours le record du parcours depuis son changement de tracé en 1999.

« Ça a peut-être pu vous sembler facile, déclarait Willy Kiptarbei, mais j’ai vraiment souffert dans les derniers mètres de course. Pour moi, c’est une très belle victoire. »

Quant à Rik Ceulemans, ancien vainqueur de l’épreuve en 2006, il termine finalement 4e et premier Belge, juste derrière Chebet, au prix d’un bon finish.

Si Kiptarbei a dû puiser dans ses limites pour atteindre seul l’Esplanade du Cinquantenaire, Fatiha Baouf n’en disait pas autant à l’heure d’analyser sa victoire. Certes, la Belgo-Marocaine s’est imposée chez les dames avec beaucoup de mérite, confirmant son « renouveau », et prouvant que ses ambitions olympiques sont légitimes vu sa forme actuelle. Mais son succès s’est construit sans véritable concurrence, d’autant que Catherine Lallemand, vainqueur des trois dernières éditions, n’avait pas pris le départ. « Je me suis retrouvée isolée du début à la fin, raconte-t-elle. Cette course, je l’ai faite surtout pour me rassurer et me montrer. Je ne veux pas être prétentieuse, mais je n’ai pas eu beaucoup de mal pour gagner. Ce fut un bon entraînement. »

Après sa 2e place derrière Marleen Renders en 1998, Baouf s’impose donc pour sa seconde participation aux 20 Kilomètres. « Nous allons maintenant nous concentrer sur le 5.000 m, explique André Mahy, son entraîneur. Pour aller à Pékin, Fatiha devra courir deux fois en 15.08. »

Un projet aussi délicat qu’ambitieux.

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