Vol de cartes : toujours plus fort
GERARD,PAUL
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Mardi 27 mai 2008
Banques La dernière mode, c’est de voler la carte bancaire tout en la remplaçant
A l’abri – croit-il – dans un selfbank, Octave se souvient avoir été distrait il y a quelques jours par un client plutôt agité, au moment de récupérer sa carte éjectée du distributeur. La mauvaise surprise n’est venue que trois jours plus tard, au moment où Octave a effectué un nouveau retrait d’argent : carte avalée, « veuillez consulter votre banque » et merci au revoir. La carte avalée n’était en fait pas la sienne. Il croyait l’avoir rangée dans son portefeuille alors que quelqu’un d’autre l’utilisait pour vider son compte.
La vigilance d’Octave a été trompée par le client de l’autre jour qui, non seulement a volé sa carte tout en repérant le code par-dessus l’épaule mais, en plus, l’a remplacé par une autre, volée plus tôt mais du même logo. Pas bête : Octave n’y a vu que du feu et n’a donc pas appelé Cardstop (070/344.344) pour bloquer sa carte puisqu’il croyait en disposer toujours.
« C’est une nouvelle tendance que nous observons depuis quelques mois, dit-on aussi bien chez Fortis que chez ING. L’avantage pour le voleur, c’est que cela retarde le moment où le client prend conscience du vol et fait bloquer sa carte ». Dexia pour sa part affirme avoir connu le problème il y a trois ou quatre ans mais presque plus aujourd’hui.
Quant au service de médiation des banques (qui recueille et traite les plaintes de clients que les banques n’ont pas déjà réglées elles-mêmes), il confirme avoir été saisi l’an dernier et cette année pour des cas similaires à celui d’Octave. Le médiateur en chef, Jacques Zeegers en profite pour rappeler le principe de base du dédommagement : « Dans le cas où le client n’a pas commis de négligence grave, seuls les 150 premiers euros volés seront à charge du client, le solde du dommage étant à charge de la banque. S’il y a négligence grave par contre, le dommage est entièrement à charge du client. »
Le hic, c’est qu’une banque conclut généralement à la négligence grave dans le cas où le client a omis de… prévenir Cardstop. Jacques Zeegers tempère : « Tout dépend des circonstances mais le principe est qu’il faut avertir Cardstop dès qu’on a pris connaissance du vol. C’est cela qui sera vérifié. »
Dans tous les cas, banques comme médiateur invitent à redoubler de vigilance, en vérifiant par exemple que la carte rangée dans le portefeuille est la bonne. A ce propos, les cartes personnalisées (avec la photo des enfants ou du chien) sont une sécurité de plus car elles sont uniques. Mais attention : selon la banque et le type de compte, la carte perso est parfois gratuite, parfois pas.
Le secteur rappelle enfin les règles d’or : ne pas noter son code sur la carte ou à proximité dans le portefeuille, bannir les codes trop faciles à retrouver (comme la date ou l’année de naissance). Toutes erreurs qui mènent à la négligence grave. Ultime conseil : en cas de doute, appeler Cardstop.
