Premium, ville verticale en bordure du canal

ROBERT,FRANCOIS

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Samedi 31 mai 2008

Urbanisme La plus haute tour de logement

Un projet de 260 logements. Son érection doit entraîner la démolition des anciens établissements Delhaize.

Il y a projets qui marquent une ville. Premium est de ceux-là. Cette tour, portée par le groupe Atenor, va faire date si elle se réalise. Ce sera – et de loin– la plus haute tour de logement de Bruxelles, rivalisant en hauteur avec celle du Midi. Elle modifiera sensiblement le skyline du nord de Bruxelles.

Deux cent soixante logements et 140 m de haut. Un prix de lancement à 2.000 euros le m2 par an (ce qui reste raisonnable et presque accessible aux Bruxellois). D’une blancheur immaculée, la tour est dessinée par le bureau A2RC. Rien à voir avec le Brusilia (Schaerbeek) ou une barre du Foyer bruxellois. Elle est dans l’air du temps : retour aux années 1960 mais avec des matériaux d’aujourd’hui et des performances énergétiques qui vont ravir les écologistes de tous poils. Le tout au bord de l’eau, au bord du canal, à quelques dizaines de mètres du quai des Péniches et de deux merveilles architecturales bruxelloises : l’entrepôt royal de Tour et Taxis et le complexe Citroën. Si certains contestent la (trop ?) forte densité du projet, il faut admettre qu’il réduit les coûts urbains (transports, chauffage) précisément grâce à sa forte concentration humaine.

Le feu des critiques

Le groupe Atenor a déjà déposé un premier permis qui a essuyé le feu des critiques. En outre, il suppose la démolition d’anciens établissements Delhaize que d’aucuns ont tenté vainement de classer. Il suppose aussi la modification du plan particulier (PPAS) au vu de sa hauteur et de sa densité. C’est aussi un projet mixte. A côté des 37.000 m2 de la tour (plus 13.000 m2 de logement, au pied de l’immeuble), il faut ajouter 30.000 m2 de bureaux, côté canal de Willebroeck et à l’angle du quai des Armateurs.

Des associations dont l’Arau n’ont pas définitivement abandonné l’idée de sauver les anciens entrepôts Delhaize. Si la Ville de Bruxelles est séduite par l’aspect « logement » du projet, la taille et la verticalité du projet suscite des questions. Pourtant, Atenor, rompant avec la discrétion qui sied traditionnellement dans le monde des entrepreneurs et de l’immobilier, joue la carte de la glasnost. La Ville et la Région ont vu les plans et ont fait des remarques. « Ce qui ne veut pas dire, déclare Stepan Sonnevielle, que son projet à l’aval des autorités publiques« .

Quant à secrétaire d’Etat à l’Urbanisme Françoise Dupuis, elle n’aime pas trop les tours de logement (social). Avant de prendre position, elle préférera attendre le dépôt de permis. Les échéances : en septembre, l’approbation provisoire du PPAS suivie de l’enquête publique avant l’approbation définitive. La demande de permis devrait suivre. Atenor espère lancer les travaux en 2009. la fin du chantier tomberait en 2013.

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