La Chapelle musicale se voit basilique

MARTIN,SERGE

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Mardi 3 juin 2008

Musique Le succès implique des extensions

Nouvelles salles de concert et de répétition, studio d’enregistrement, logements. Pour devenir une grande école.

En 2004, six institutions s’associaient pour mettre en place une nouvelle structure d’enseignement à la Chapelle musicale internationale Reine Elisabeth. Quatre ans plus tard, Yossif Ivanov et Plamena Mangova ont gagné les deuxièmes Prix du Concours Reine Elisabeth de violon et de piano et, cette année, la Chapelle envoyait deux de ses élèves en finale du concours de chant : Tatiana Trenogina et Gabrielle Philiponet.

La semaine dernière, c’est le Trio Dali qui remportait le 6e Concours de musique de chambre d’Osaka. Cet été, on retrouvera des pensionnaires de la Chapelle dans les festivals de Vexin, Montpellier et Menton ainsi qu’aux Midi-Minimes, au Zomer van Sint-Pieter à Louvain et au Brussels Summer Festival. Quant à la classe de chant, elle prépare actuellement, sous la direction du chef Guy Van Waas et du metteur en scène Philippe Sireuil, Haydn Amore, un spectacle Haydn qui sera présenté à la Salle Malibran de la Monnaie du 12 au 14 juin. Le palmarès en dit long : la Chapelle a atteint ses objectifs d’excellence. Encore faut-il l’adapter aux contraintes que son succès implique.

Premier objectif : se doter d’une structure managériale conforme à de sains principes de gouvernance. Un processus de fusion amène la Fondation Chapelle musicale Reine Elisabeth à disposer de fonds propres consolidés de 3,5 millions d’euros. Cette Fondation est dirigée par un conseil d’administration présidé par Jean-Pierre De Bandt et un comité exécutif de trois personnes (Bernard de Launoit son président, Guéry Daeninck, l’administrateur-délégué, et un administrateur indépendant Julien De Wilde). Outre un comité des mécènes plus directement en charge de la collecte de fonds, la Chapelle dispose aussi d’un comité artistique présidé par Bernard Foccroulle et composé de Peter de Caluwe et Christian Renard, Bernard de Launoit et Arie Van Liesebeth.

Au-delà de cette refonte managériale, la grande nouvelle demeure toutefois le lancement d’un vaste projet immobilier, dont l’étude a été confiée aux architectes Sébastien Cruyt et Yves Weinand. L’objectif est de quasiment multiplier par quatre l’espace des bâtiments disponibles. Une aile gauche, construite à la place des actuels agrandissements de 1954, permettra de loger une quarantaine d’élèves tandis qu’un bâtiment réunissant trois salles de répétition, un studio d’enregistrement et une salle de concert d’environ 550 personnes sera construit en contrebas du bâtiment actuel, à l’orée de la forêt. Une salle qui, outre sa motivation pédagogique, viendra bien à propos compléter l’offre en Brabant Wallon qui ne dispose pas de vraie salle de concert.

Le projet des architectes entend respecter une stricte neutralité par rapport au bâtiment existant, une toiture végétale intégrera la nouvelle construction dans le parc et la protégera naturellement des changements de température, particulièrement délicats pour les instruments de musique. Les matériaux et la technologie seront sélectionnés de façon à favoriser la qualité acoustique des lieux, notamment grâce à un revêtement alliant béton et bois. Les chambres des stagiaires seront aussi conçues sous forme de duplex avec habitat à l’étage et salle de répétition en bas. Les lieux de réception et de restauration auront une vue directe sur la forêt de Soignes.

Le coût total du projet devrait avoisiner les 10 millions d’euros, ce qui reste une somme fort raisonnable pour un projet de cette ampleur. La Chapelle musicale devient une société anonyme à finalité sociale, à l’instar du Palais des Beaux-Arts. Après réévaluation de ses actifs immobiliers, encore enregistrés à leur valeur d’origine, et réception de l’ancienne Société philharmonique d’un apport de 2,4 millions d’euros, la S.A. devrait disposer d’un « endowment fund » de 5,9 millions d’euros. A cette somme viendront s’ajouter 10 millions d’euros destinés à financer le projet et pour lesquels la chasse aux mécènes est ouverte.

Les dés sont jetés : la Chapelle musicale entend bien s’implanter dans le noyau de base des grandes écoles de troisième cycle.

Ne vient-elle pas d’organiser un festival de musique de chambre avec la Sibelius Academy d’Helsinki et l’Université de Vienne ?

www.cmre.be ; 070-23.39.39

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