Vers le déminage de la crise Congo-Belgique
BRAECKMAN,COLETTE
Mardi 3 juin 2008
RD Congo Les entités fédérées non consultées
européenne Roeland Van de Geer… Plus qu’une nouvelle étape dans l’escalade, la fermeture des consulats représente donc l’exécution d’une décision du gouvernement congolais qu’à Bruxelles on avait cru pouvoir ignorer jusqu’à présent.
Les contacts sont cependant loin d’être rompus entre les deux pays : à Bruxelles, le ministre du Plan Olivier Kamitatu et l’ambassadeur itinérant du président Kabila, Antoine Ghonda, poursuivent leurs rencontres et l’épouse du président, Mme Olive Kabila Lembe di Sita joue également un rôle discret. Un nouvel entretien téléphonique aura lieu ce mercredi entre les Premiers ministres des deux pays, MM. Leterme et Gizenga.
On peut se demander pourquoi le président Kabila rentré, lui, à Kinshasa, ne s’est pas encore entretenu avec M. Leterme. La première explication serait : la volonté de faire traîner les choses, le temps de permettre aux Belges de mesurer la gravité de la crise, de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une question d’argent mais de souveraineté, et qu’il ne suffira pas d’augmenter le budget de la coopération si une attitude jugée « néocoloniale » n’est pas révisée.
Deuxième explication : les contraintes matérielles d’un chef d’Etat qui, dans le Bandundu, a pris des bacs pour traverser des rivières en crue ou conduit lui-même sa jeep pour mesurer l’état – lamentable – des routes. Il semble aussi que M. Kabila veuille laisser à d’autres, son Premier ministre, ses envoyés spéciaux, le soin de renouer avec Bruxelles. Lui, il s’entretiendra avec Yves Leterme lorsque le terrain aura été déblayé et qu’il pourra être question de l’avenir des relations entre les deux pays, sur un mode plus positif.
Pendant ce temps, l’unanimité dont Karel De Gucht se prévaut se lézarde à vue d’œil : du côté libéral, même Alain Destexhe se démarque, tandis qu’au Parlement de la Communauté française, Mme Marie-Dominique Simonet, chargée des relations internationales, a répété, avec l’approbation des quatre partis démocratiques « sa volonté de travailler avec le Congo, notre premier partenaire », soulignant qu’au cours de cette crise, il n’y avait pas eu de concertation entre les entités fédérées et le pouvoir. Et d’ajouter que, « pour que cette concertation puisse avoir lieu, il faudrait que le fédéral puisse tenir un discours unanime… ».
P.20 Le débat entre Arnaud Zacharie et Olivia umurerwa rutazibuwa
P.22 L’édito

