Les propos de Mgr Léonard n’étaient pas homophobes
DORVAL,SABINE
Mercredi 4 juin 2008
Discrimination
Mercredi, le président de la chambre du conseil de Namur a débouté Sylvia Cauwbergs, de Jette, et Michel Duponcelle, de Schaerbeek. Agissant au nom de l’ASBL homosexuelle Tel Quel, ils avaient porté plainte contre l’évêque de Namur après son interview en avril 2007 à Télé-Moustique. Mgr Léonard y expliquait que sa position sur l’homosexualité était la même que celle de Freud : « C’est un stade imparfaitement développé de la sexualité qui contredit sa logique intérieure. Les homosexuels ont rencontré un blocage dans leur développement psychologique normal, ce qui les rend anormaux. »
Pour le président, ces propos sont homophobes et de nature à blesser la communauté homosexuelle mais ne constituent pas une incitation à la discrimination, au sens où l’entend la loi du 25 février 2003. À défaut de définition légale du terme, il prend le mot « incitation » dans son acception commune : encouragement, exhortation, instigation. Il estime que l’évêque n’a pas été animé d’une pareille intention et n’a donc nullement incité qui que soit à commettre une discrimination sexuelle.
L’avocat des plaignants, Michel Graindorge, s’était insurgé contre la référence à Freud. Même s’il avait peu d’espoir d’obtenir une condamnation, il souhaitait, par un renvoi en correctionnelle, amener le débat au grand jour pour rappeler à l’Eglise qu’elle n’a plus à donner d’injonction morale à la société. Pour Philippe Malherbe, avocat de Mgr Léonard, son client n’avait fait qu’exprimer une opinion dans la liberté du débat scientifique, sans jamais porter de jugement sur des personnes.
