L’antiterrorisme ne peut être un secret d’état

METDEPENNINGEN,MARC

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Samedi 7 juin 2008

L’arrestation spectaculaire des ex-militants des Cellules communistes combattantes (CCC), Pierre Carette et Bertrand Sassoye, et de trois autres suspects semble s’apparenter à une nouvelle opération sacrificielle destinée à proclamer que la Belgique, oui, est pleinement engagée dans la lutte planétaire contre le terrorisme. Carette n’est retourné derrière les barreaux que pour une insigne (et non encore établie) violation de sa condition de libéré conditionnel. Sassoye et les autres sont emprisonnés – au moins – pour leurs sympathies militantes à l’égard des « détenus politiques » italiens du mouvement politique PCPM dont le procès a débuté à Milan.

Le retour des CCC en Belgique ? La résurgence d’un réseau européen terroriste ? Force est de déplorer qu’une nouvelle fois, la seule invocation de « la menace terroriste » suffît au parquet fédéral pour refuser de s’expliquer sur les raisons précises de ces arrestations.

Ce brouillard entretenu autour du « terrorisme » est nuisible. En décembre, le même type d’incantation et une même culture du secret avaient justifié la fermeture du marché de Noël à Bruxelles, la suppression du feu d’artifice de Nouvel An, la pose de couvercles sur les poubelles du métro où il était affirmé par le gouvernement qu’un « risque d’attentat » existait alors qu’on y laissait circuler les voyageurs. Six mois plus tard, on ne sait toujours pas les motivations réelles de ces gesticulations sécuritaires qui s’apparentent à une prise en otage de l’opinion publique, priée de croire ce qui ne peut lui être démontré. Elles nous ramènent aussi aux années de plomb et des attentats des CCC, qui justifièrent sous le gouvernement Martens-Gol, le déboulé des paras dans les rues de nos villes, le renforcement des pouvoirs de la gendarmerie, et, surtout, des pertes consenties de libertés.

Le gouvernement et la Justice, à moins de considérer nos concitoyens comme des imbéciles, ne peuvent, croyons-nous, utiliser une « menace terroriste » invoquée comme un hochet justifiant le secret de leurs décisions autoritaires et le renforcement de nouvelles mesures liberticides.

Il leur revient de s’expliquer.

Pas de résultats.