Bruxelles, tête d’affiche au National

LEPRINCE,PATRICE; QUOISTIAUX,GILLES; LAMQUIN,VERONIQUE

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Mercredi 11 juin 2008

Politique Un débat organisé par Le Soir et De Morgen

Une salle pleine à craquer, pour débattre de l’avenir de la capitale. Le public a lui aussi donné de la voix.

Les Flamands la trouvent mal gérée, les francophones la disent sous-financée. Mais au fond, quel avenir pour Bruxelles ? Pour y répondre, dans la salle du Théâtre National, 600 personnes (réunies, hier soir, à l’invitation du Soir et du Morgen) et, sur scène, des ténors des 2 communautés (Demotte, Peeters) ; le gouvernement bruxellois est bien représenté (Picqué, Demotte, Vanhengel).

Sur les planches, la tension est palpable. Louis Tobback chauffe la salle, égrène ses slogans acerbes. Kris Peeters martèle la position du CD&V : pas question de lâcher Bruxelles, mais pas question non plus de lui conférer un statut digne de ce nom. Les francophones écoutent, sidérés. Tendu, le débat aura donc eu ce mérite de faire tomber les masques flamands. La salle, elle, réagit. Applaudit, murmure, s’inquiète. Qu’en retenir ? C’est ce que nous avons demandé à trois participants. Avant. Et après.

« On oublie toujours Bruxelles »

Dieter Vanthournout, 25 ans, journaliste

Avant : « J’espère qu’on parlera du futur de notre superbe ville. Le problème, en Belgique, c’est que l’on retrouve des extrémistes dans les deux camps et qu’on oublie toujours Bruxelles. C’est frustrant pour les Bruxellois.

Ce qui m’énerve, c’est que Wallons et Flamands prennent avec eux leurs tartines et ne participent pas vraiment à la vie de la capitale. Je m’interroge aussi sur le futur institutionnel de Bruxelles. Et sur l’avenir de la ville en termes d’urbanisme. Quelqu’un a-t-il une vision architecturale de la ville ? »

Après : « On a entendu des pistes déjà évoquées mille fois. La seule chose nouvelle dont j’ai entendu parler c’est l’euro-métropole comme elle existe à Lille. Je suis un peu déçu que l’on n’ait pas abordé la problématique de l’architecture mais je m’en doutais un peu.

J’ai à nouveau eu l’impression d’entendre des navetteurs qui ne connaissent pas beaucoup Bruxelles et ne l’apprécient guère. Même chose pour Kris Peeters (ministre-président flamand) qui ne semble pas avoir compris les frustrations des Bruxellois. Contrairement à ceux qui connaissent vraiment Bruxelles comme Vanhengel et Picqué. »

« Parler de la multiculturalité »

Mieke Vermeiren, 55 ans, libraire

Avant : « J’aime Bruxelles où je vis depuis 1974. Mon cœur est ancré dans cette ville même si je me rends compte que ce n’est pas le paradis sur terre.

Ce soir, j’espère qu’on va parler des vrais problèmes de Bruxelles. Ce qui m’agace un peu c’est que quand je parle en flamand dans la ville, on me prend pour une fanatique alors que je ne suis pas du tout comme ça. Le thème que je voudrais que l’on aborde c’est celui de la multiruralité. »

Après : « Pour moi, pas de grande nouveauté lors de cette soirée. J’ai malgré tout constaté avec plaisir une certaine bonne volonté de la part de politiques bruxellois comme Charles Picqué et Guy Vanhengel même si je comprends aussi les arguments qui ont été évoqués par d’autres comme par Louis Tobback qui estime que, si l’on donne de l’argent à la capitale, il faut aussi pouvoir exercer un certain contrôle sur la manière dont les fonds sont dépensés.

Ce débat a eu au moins un mérite : celui de mettre tout le monde autour de la table et de permettre à chacun de s’exprimer. Il faut oser se parler, c’est comme cela que les choses pourront avancer. »

« Je peste sur l’inefficacité »

Oonagh Duckworth, 44 ans, travaille dans le secteur culturel

Avant : « Britannique, je vis à Bruxelles depuis dix ans.

Je suis là ce soir car je suis très curieuse de savoir ce que les hommes politiques vont nous dire sur l’avenir de Bruxelles. Je peste sur l’inefficacité du fonctionnement de la ville même si j’apprécie sa convivialité. Bruxelles est une des capitales les plus agréables à vivre.

Ce qui m’interpelle c’est le contraste entre Bruxelles, capitale européenne et Bruxelles où l’on vit. Dans le monde, Bruxelles règle tout jusqu’au prix de la motte de beurre mais pour les habitants, il y a des travaux dans la ville au point de ne même plus pouvoir marcher sur les trottoirs. Dans ma famille nous sommes trilingues je n’ose pas trop prendre position parce que je ne suis pas bruxelloise et je ne voudrais pas jouer la donneuse de leçon.

Après : « Visiblement les problèmes sont encore loin d’être résolus. Cela m’exaspère un peu de voir ce débat un peu stérile entre francophones et Flamands. Autant d’énergie que les politiques pourraient utiliser autrement. J’aurais aimé entendre parler des problèmes des gens ».

REPÈRES

Télé-TV. Pour la première fois de leur histoire, les deux télévisions régionales bruxelloises se sont associées pour couvrir un même événement. Télé-Bruxelles et TV Brussel ont assuré la captation du débat organisé par Le Soir et De Morgen. Un accord qui permettra tant au public néerlandophone que francophone de suivre la retransmission du débat, en différé.

Au programme :

– Mercredi. Des reportages dans le journal télévisé (à partir de 18 heures puis, toutes les heures) sur Télé-Bruxelles et TV Brussel. En outre, le débat sera diffusé intégralement sur le site internet des deux chaînes (tvbrussel.be et telebruxelles.be).

- Vendredi. Diffusion du résumé du débat sur TV Brussel à partir de 18 h30.

- Dimanche. Diffusion du débat intégral sur Télé-Bruxelles, en multidiffusion à partir de 18 heures.

Le Soir.be. Votre quotidien n’est pas en reste. Dès aujourd’hui, découvrez sur le site (www.lesoir.be), extraits du débat et interviews.

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