La piscine se chauffe à la biomasse
MOREL,PIERRE
Page 12
Mercredi 11 juin 2008
Visé Une société liégeoise va y installer un prototype de chaudière novatrice
« Nous avons été contactés il y a déjà six ou sept mois par cette société qui, sur base d’un brevet, développait un prototype de chaudière biomasse, explique l’échevin des sports Xavier Malmendier (MR). Leur développement technique est aujourd’hui terminé, mais pour passer en phase de commercialisation, ils cherchaient un endroit pour la tester sur site et pouvoir aussi la montrer en fonctionnement à leurs clients potentiels. »
La chaudière sera installée en parallèle avec les deux chaudières au gaz de la piscine, et, dans les faits, remplacera l’une d’entre elles : celle qui chauffe le bâtiment. L’eau de la piscine, elle, restera chauffée à l’ancienne.
« Financièrement, c’est une opération blanche pour la commune, reprend l’échevin. L’investissement de départ, près de 80.000 euros en tout, est à charge de la société. Ils s’occupent aussi de l’alimentation, de la maintenance technique et des entretiens. De notre côté, nous leur payons l’énergie produite au prix du gaz : il n’y a donc pas d’impact budgétaire pour nous. Par contre, nous estimions qu’il était de notre devoir d’aider cette entreprise liégeoise à développer une activité potentiellement attractive pour la région. D’autant qu’elle a été créée par des capitaux de la Basse-Meuse. De plus, nous pensons aussi que nous sommes ici dans notre rôle de pouvoir public en montrant l’exemple d’une gestion plus saine et écologique de l’énergie. »
La chaudière et son conteneur de stockage d’alimentation seront installés à l’extérieur de la piscine cet été. Normalement, elle devrait être mise en fonctionnement en septembre.
La convention signée par les deux parties l’a été pour un an. Au terme de cette année, il pourra être décidé de prolonger l’expérience, mais la commune, si elle est particulièrement satisfaite, disposera aussi d’une option d’achat de l’installation au prix, intéressant, de 40.000 euros.
Il faut dire que cette chaudière peut être alimentée, notamment, par les déchets verts et le produit des élagages communaux, après séchage.
Si le système fonctionne bien, il pourrait donc être, à terme, pourvoyeur de belles économies.
« Une première en Belgique »
« C’est un brûleur qui permet la combustion en suspension, grâce à une injection d’air, explique Laurence Denis, directrice de Biom. Cela permet une combustion plus complète que quand le combustible est en tas. Il y a très peu d’imbrûlés. De plus, il n’y a pas besoin de matières réfractaires à l’intérieur de la chaudière, et celle-ci est donc beaucoup plus rapide à allumer et à éteindre qu’une chaudière à bois traditionnelle. Tout cela améliore le rendement. »
Et pas besoin du coup de « pellets » de bois, plutôt coûteux : la chaudière sera alimentée par des plaquettes de bois déchiquetés qui sont des résidus d’élagage du bord des routes. « Mais on pourrait aussi y mettre de la paille, des noyaux d’olive, de la sciure, ou du miscanthus, une espèce de roseau », reprend Laurence Denis. À plein régime, la chaudière consomme à peu près 75 kilos de bois par heure. Par kW/h, elle coûte donc environ 60 % du coût d’une chaudière à gaz.
« Le produit n’est pas développé pour les particuliers, reprend Laurence Denis. Le marché visé est clairement celui des collectivités : écoles, piscines, halls omnisports. Celle de Visé sera la première chaudière de ce type installée en Belgique. »
