Le marché des cyberclasses pour Priminfo

JENNOTTE,ALAIN

Mercredi 11 juin 2008

Exclusif Les 40.000 ordinateurs promis aux écoles wallonnes seront fournis par la firme namuroise Priminfo. Mais avant de crier victoire, elle veut s’assurer qu’il n’y aura aucun recours contre la décision. La suite bureautique Office de Microsoft sera exclue des ordinateurs.

Les enseignants wallons avaient fini par ne plus y croire. Mais les quarante mille ordinateurs impatiemment attendus par leurs écoles seront installés à partir de la rentrée de septembre. C’est la société namuroise Priminfo qui a emporté ce marché pour un peu plus de 26 millions d’euros, devant Computerland, Econocom et Systemat. La notification a été faite par l’administration wallonne mercredi dans la matinée.

La désignation d’un vainqueur pour ce méga-marché public va peut-être clôturer une longue saga qui a empoisonné la vie de plusieurs ministres successifs du gouvernement wallon, tout en pénalisant les écoles, dont certaines n’ont à leur disposition que des ordinateurs vieux de dix ans. L’an dernier, le marché avait déjà été attribué une première fois à Priminfo face à quatre autres candidats. Mais, suite à plusieurs recours, le conseil d’Etat avait annulé l’appel d’offres.

L’été dernier, ce dossier épineux attendait le ministre de la Formation, Marc Tarabella (PS) lorsqu’il a pris ses fonctions à Namur. Les juristes et les spécialistes des marchés publics consultés lui avaient alors conseillé de lancer un nouvel appel d’offres avec une procédure négociée, reprenant les mêmes candidats. Au terme d’une procédure pointilleuse menée par l’administration wallonne avec le concours d’experts, c’est donc à nouveau Priminfo qui l’a emporté. Le déploiement doit, en principe, se faire sur une période de trois ans. Mais les écoles pourraient toutes être servies en l’espace de deux années scolaires.

Des écoles qui auront le choix entre des PC ou des Mac du constructeur Apple. Particularité de l’offre de Priminfo, qu’elle partageait avec celle de Systemat, c’est qu’Office, la suite bureautique de Microsoft, n’y sera pas présente. Au contraire, c’est son alternative libre, Openoffice qui sera fournie aux élèves et à leurs professeurs. Le Système d’exploitation des PC sera Windows Vista.

Contacté par Le Soir, Priminfo s’est dit « réjoui de la décision mais ne s’estimera totalement soulagé qu’au terme de la période légale de recours, d’une durée de dix jours ». C’est alors que Marc Tarabella devrait officiellement annoncer le candidat choisi. Durant cette période de silence, Priminfo se refuse à tout commentaire. La société emploie une trentaine de personnes et sous-traite un certain nombre d’opérations à un atelier protégé. L’an dernier, son chiffre d’affaires s’élevait à 20 millions d’euros.

En coulisses, un candidat éconduit s’étonne. « Le chiffre d’affaires annuel de Priminfo est inférieur au montant de l’appel d’offres. Cela pose le risque de la solidité financière de cette entreprise. D’autant que la vitesse d’exécution du déploiement à laquelle ils se sont engagés semble particulièrement ambitieuse. Sur de nombreux aspects techniques de l’appel d’offres, il y a eu des décisions qui nous semblent arbitraires ».

Chez Microsoft, on n’est évidemment que partiellement satisfait, même si des milliers de copies du système d’exploitation Vista vont être utilisées dans les écoles. « En revanche, l’absence d’Office sur les ordinateurs est une déception, note la porte-parole de Microsoft, Aurélie Couvreur. D’autant qu’il était fourni avec l’encyclopédie Encarta, ce qui n’est pas le cas d’Openoffice. Il semble évident que le matériel a pesé plus lourd que le logiciel dans les critères d’appréciation de la Région wallonne ».

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