Wallonie-Bruxelles, au rapport !

COPPI,DAVID

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Samedi 14 juin 2008

Politique « Le Soir » a pris connaissance des conclusions du groupe de réflexion

Le groupe Spaak-Busquin se réunit lundi. Les textes sont prêts. Chaud : le débat sur la régionalisation de l’enseignement.

C’est peut-être l’entreprise politique francophone la plus ambitieuse depuis les réformes de l’Etat du siècle dernier qui ont divisé la Belgique en Régions et Communautés. Après s’être longtemps affrontés entre « régionalistes » et « communautaristes » au sud du pays, les partis veulent désormais faire la paix et édifier un projet face à la Flandre.

Pour cela, il faudra simplifier leurs institutions, et projeter une « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Avec, au bout, ce paradoxe apparent : la Communauté française dans sa version actuelle fera les frais de l’opération, elle sera « revisitée » pour le dire tendrement, mais le « lien » entre la Wallonie et Bruxelles est primordial aux yeux de tous. En témoigne à elle seule, cette idée d’un « couloir » territorial entre les deux Régions (lire en page 4), défendue par les partis francophones dans les négociations avec les Flamands à propos de BHV, au même titre que celle d’un élargissement de la Région bruxelloise.

Ce lundi 16 juin devrait marquer une étape dans la marche vers la « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Les 34 membres du « groupe Wallonie-Bruxelles », parmi eux 16 politiques (des quatre partis démocratiques), 16 représentants de la société civile, et les deux coprésidents, Antoinette Spaak et Philippe Busquin, se retrouvent à Bruxelles, au parlement de la Communauté française, munis des « rapports » des différents sous-groupes de travail qui opèrent depuis décembre 2007 dans quatre directions : socio-économique, enseignement-formation-recherche, culture, matières personnalisables. Le débat en plénière lundi doit permettre à Antoinette Spaak et Philipe Busquin de trancher (avec la bénédiction des présidents de partis) au début juillet.

Parmi les propositions, dont nous avons pu prendre connaissance, celles-ci se détachent…

1Le sujet brûlant : faut-il régionaliser l’enseignement ? Le rapport du groupe de travail « socio-économique » y est favorable. Nettement. Le constat : « Les faiblesses de notre enseignement, son incapacité à résorber la fracture sociale comme à fournir à nos entreprises les compétences indispensables à leur développement ont été épinglées comme l’une des plus grandes urgences auxquelles la Wallonie et Bruxelles doivent faire face. (…) La trop faible adéquation de l’enseignement avec des réalités régionales différentes et son incapacité à prendre pleinement en compte des besoins distincts de Bruxelles et de la Wallonie est revenue comme une constante. (…) La possibilité d’une déclinaison régionale de l’enseignement a dès lors été évoquée à plusieurs reprises. L’ampleur de cette réforme va de l’intensification de l’implication des Régions via la maximalisation des politiques croisées, au transfert du seul pouvoir organisateur aux Régions avec capacité d’adaptation des programmes dans un cadre général commun ou encore à la régionalisation pure et simple. »

Pointant par ailleurs le « caractère multipolaire » du développement de la Wallonie (ses liens avec Lille, Aix-Cologne…), le groupe socio-économique ne valorise pas moins l’atout bruxellois : « A l’instar d’Etats américains comme la Virginie et le Maryland utilisant le label “Greater Washington” pour leur promotion extérieure, les régions voisines de Bruxelles ont manifestement intérêt à valoriser cette proximité avec Bruxelles ».

2 Pallier le morcellement des compétences dans les « matières personnalisables ». Liées aux personnes, des compétences matière de santé, d’aide sociale, à la jeunesse, etc., sont disséminées entre Régions, Communauté, Cocof… Priorité : simplifier. Et « régionaliser » la politique des handicapés, des hôpitaux, la tutelle sur les CPAS…

3 La culture « francophone ». Le groupe « culture » affirme la primauté des Régions (la tutelle sur les infrastructures gagnerait à être régionalisée, lit-on…), mais aussi son « attachement à l’existence d’une institution commune à l’ensemble des francophones, dont l’existence transcende le fait régional ». Et souligne « la vocation universaliste » de la culture, « l’importance qu’il y a à ne pas rejeter un projet culturel parce qu’il ne serait pas « purement « francophone », mais à… « instaurer un dialogue culturel avec la Flandre ». Une leçon d’« ouverture ».

Pas de résultats.