Wahoub Fayoumi : « Mais pourquoi suis-je en prison ? »
METDEPENNINGEN,MARC
Mardi 17 juin 2008
Justice Pierre Carette joue sa remise en liberté aujourd’hui
Wahoub Fayoumi, journaliste à la RTBF arrêtée début juin pour « appartenance à une organisation terroriste », en compagnie notamment de Bertrand Sassoye (ex-CCC), a fait parvenir au « Soir » le récit impressionnant de son arrestation, des interrogatoires, de sa détention.
Dans ce témoignage, la jeune femme raconte la brutalité de l’opération lancée par le parquet fédéral. Elle dénonce cette confusion apparente entre sympathies politiques affichées et incriminations « terroristes ». Comme ses autres coïnculpés dont la libération a été prononcée par la chambre du conseil de Bruxelles, elle attend la décision de la chambre des mises en accusation, saisie d’un appel du parquet, qui devrait examiner leur maintien en détention le 24 juin prochain.
Aujourd’hui, à 13 h 30, c’est Pierre Carette, l’ex-chef des CCC qui tentera d’obtenir sa libération devant le tribunal d’application des peines (TAP) de Bruxelles chargé d’examiner la révocation de sa libération conditionnelle.
Hier, le « Secours rouge », organisation de soutien aux prisonniers politiques, a réuni la presse pour faire part de ses inquiétudes suite à l’arrestation de ses sympathisants. « L’arrestation de Pierre Carette a permis de ressusciter les CCC. Cette instrumentalisation a entretenu l’idée d’une menace terroriste en se servant de noms. Les arrestations ont également permis de nourrir l’idée que le Secours rouge est un repaire de criminels », a déploré Flor Dewit, porte-parole du Secours Rouge. Il a constaté que depuis un an et demi, les activités du Secours rouge avaient été soumises aux « méthodes particulières de recherche » de la police.
L’avocat de Bertrand Sassoye, Me Laurent Kennes a déploré une « confusion des genres » : « On confond la lutte des classes, qui est une terminologie marxiste, avec une activité terroriste », a-t-il dit, rappelant les vives critiques émises lors de la promulgation de loi sur les organisations terroristes. Bertrand Sassoye comparaîtra le 24 juin devant le TAP. Son ami Jean-François Legros, un ancien détenu, verra son cas examiné le 1er juillet.
