Le chaos redouté n’a pas eu lieu
n.c.
Mercredi 18 juin 2008
A la veille du Conseil européen, plusieurs centaines d’agriculteurs, de routiers et chauffeurs de taxi ont manifesté à Bruxelles pour demander des mesures pour faire face à la flambée des prix du carburant. Aucun incident n’a été constaté par la police.
Les représentants des secteurs du transport par route et de l’agriculture ont manifesté mercredi dans les rues de Bruxelles, les premiers protestant contre la hausse des prix du carburant, les autres demandant des mesures pour enrayer la baisse des marges sur certains de leurs produits.
Les premiers signes de ce malaise qui touche les agriculteurs ont été perçus fin du mois de mai, en Allemagne d’abord, lorsque les producteurs de lait ont commencé à cesser leurs livraisons. Le mouvement a rapidement été suivi par les producteurs belges, ceux-ci menant notamment des actions de protestation dans ou aux abords des supermarchés.
Soutenant en partie ces actions, la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA) a demandé des mesures pour une meilleure répercussion des coûts de production au niveau des prix de vente de la viande et du lait. A l’échelon régional, la FWA demande un renforcement de la promotion des produits agricoles, et ce avec la collaboration de la grande distribution. Au niveau fédéral, la Fédération revendique la concrétisation d’un Observatoire des prix annoncé par le gouvernement, un outil qui obligerait les différents acteurs des filières à faire toute la clarté sur leur mode de fixation des prix, leurs coûts de production et leurs marges. Au niveau européen enfin, la FWA demande la conservation, dans la Politique agricole commune, d’outils qui permettent une régulation de l’offre en adéquation avec la demande.
Intervenu ce mercredi devant les agriculteurs rassemblés Place de la Monnaie, le premier ministre Yves Leterme a fait part, aux côtés de la ministre de l’Agriculture Sabine Laruelle (MR), de son intention d’examiner la raison pour laquelle les prix augmentent davantage en Belgique par rapport aux autres pays. Il a aussi évoqué des mesures permettant de rendre les prix plus transparents et a répondu à la demande des agriculteurs de réduire les frais de ces derniers destinés à l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). René Ladouce, président de la FWA, a indiqué de son côté que la création d’un Observatoire des prix était une revendication des agriculteurs depuis des années. « Nous espérons que pour la foire de Libramont, soit fin juillet, nous aurons déjà une ébauche de solution », a-t-il réagi. M. Ladouce a également rappelé sa satisfaction quant à la réduction des frais destinés à l’Afsca, une décision qui figure dans l’accord de gouvernement. « Nous sommes évidemment contents de cette mesure. Cela va diminuer l’enveloppe de quelque 100 euros, pour passer d’une cotisation de 190 euros à 80-90 euros », a-t-il souligné. Le Boerenbond, association des agriculteurs flamands, s’est lui dit satisfait des mesures évoquées par M. Leterme.
Tout comme pour le milieu agricole, le mouvement social qui frappe le secteur du transport par route touche également d’autres pays européens et notamment l’Espagne, particulièrement perturbée par des mouvements de grèves la semaine dernière. En Belgique, les transporteurs avaient également choisi la journée de mercredi pour exprimer leur ras-le-bol dans les rues de la capitale. Si la plupart des chauffeurs présents à Bruxelles ont répondu à l’appel de l’Union professionnelle du transport et de la logistique (UPTR), d’autres partenaires sont concernés par le malaise. Ainsi, mardi, outre l’UPTR, d’autres fédérations de transporteurs et d’autocaristes, comme la Febetra, le SAV et la FBAA, avaient transmis une série de revendications au secrétaire d’Etat à la Mobilité, Etienne Schouppe. Les représentants de l’UPTR et des négociants en carburants (Brafco) ont pu également rencontrer les ministres Didier Reynders (Finances) et Sabine Laruelle (Indépendants). Ils se sont déclarés satisfaits à l’issue de ces deux entrevues.
Lourdement touché par l’augmentation des prix du carburant, le secteur réclame notamment le raccourcissement des délais de paiement des factures, avec une date butoir fixée à 30 jours, ainsi qu’une réduction des charges sociales et fiscales sur les heures d’attente, de chargement et de déchargement. Il plaide par ailleurs pour une adaptation automatique des prix du transport à l’évolution du diesel et pour la suppression de la taxe énergétique.
Trois associations de chauffeurs de taxis bruxellois, l’Association des taxis bruxellois (ATB), Brussels taxis unified (BUT) et l’Union des taxis bruxellois (UTB), ont également sillonné mercredi la petite ceinture de la capitale pour protester contre la hausse des prix du carburant.
Au total, Bruxelles aura vu défiler mercredi entre 500 et un millier de tracteurs, quelque 170 camions et environ 150 taxis.
(afp, belga)
