La lettre de Pierre Carette

n.c.

Jeudi 19 juin 2008

Mercredi soir, à sa sortie de la prison de Forest, Pierre Carette a livré ce document manuscrit dont voici la transcription.

Jeudi 5 juin 2008. Je suis réveillé à l’aube par un boucan violent et des hurlements. La porte de mon petit appartement est enfoncée et des individus cagoulés et armés se ruent dans ma chambre. Je suis menotté et aveuglé dans mon lit. On m’habille sommairement et on m’emmène. À la prison de Forest, j’apprends que j’ai été arrêté pour non-respect de mes conditions de libération.

J’ai été libéré en février 2003, après plus de 17 années et un emprisonnement d’exception pour mon engagement dans les Cellules communistes combattantes. Je mène depuis lors une existence légale. Je travaille. Je milite en soutien aux prisonniers révolutionnaires dans le Comité Solidarité - Liberté. Je n’enfreins d’aucune façon mes conditions de libération et rien ne peut justifier mon arrestation ni une (illisible).

Au cours de la journée, j’apprends qu’un opération de police plus large est en cours et je comprends que mon arrestation est une opération destinée à la dramatiser (…). Les roquets de la presse se déchaînent : amalgames, calomnies, stupidités, tout y passe comme d’habitude. La désinformation bat son plein.

Le parquet n’est pas en reste. Il déclare que j’ai enfreint l’interdiction de rencontrer mes anciens camarades de lutte. Cette interdiction n’existe pas tel quel dans les conditions de libération. Le parquet ment.

Quand, à partir de 1995, la question de nos libérations conditionnelles s’est posée, nous avons déclaré que nous refuserions toute condition à incidence politique, toute condition réduisant les libertés formelles conquises dans la lutte des classes ; liberté d’expression, d’association, de circulation, etc.

Début mars 2003, la Commission de libération a marqué son accord « pour que l’intéressé rencontre ses complices de manières naturelles dans le cadre de ses activités de militant ».

L’opération de police déclenchée le 5 juin s’avère suffisamment suspecte. les éléments à charge sont insignifiants. Ils reposent sur la nouvelle et funeste législation « antiterroriste ».

Mercredi 11 juin, la Chambre du Conseil décide de libérer trois des quatre inculpés. Le parquet s’acharne et se pourvoit en appel.

Mercredi 18 juin 2008. Le Tribunal d’application des peines rejette les allégations du parquet et rétablit ma libération conditionnelle J’ai été jeté en prison durant 14 jours, de la façon la plus brutale et la plus arbitraire à laseule fin de justifier une instruction judiciaire bancale et de créer un climat propice à l’application de lois infamantes. Cela s’appelle une « prise d’otage »

La leçon à tirer de ces évènements, et d’autres comme par exemple les manœuvres contre Bhar Kimyongur et ses camarades (procès DHKP-C), c’est la (illisible) réactionnaire à la répression politique, sur le modèle américain, dans notre pays, manifestation de la crise générale dans laquelle s’enfonce la société capitaliste. Cette répression va aller croissante. Nous vivons désormais à l’ombre menaçante des Guantanamo, des Abou Ghraib, des vols secrets vers les salles de tortures.

Tous ceux qui posent la question de la justice sociale, la question des libertés conquises dans la lutte des classes, tous ceux qui comprennent que maintenant un autre monde est nécessaire peuvent refuser cette tendance réactionnaire (illisible)

Liberté pour les arrêtés du 5 juin en « Belgique ».

Liberté pour les arrêtés du 12 février 2007 en Italie.

Et je veux ajouter :

La liberté pour Georges Ibrahim Abdallah, communiste libanais emprisonné en France depuis 25 ans pour son juste combat (illisible) et anti-impérialiste.

Vive la solidarité internationale !

Pour le Communisme.

Pierre Carette.

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