Le retour en Imperia

VANESSE,MARC

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Vendredi 20 juin 2008

Fraipont Une expo pour les passionnés d’histoire automobile

Fabriquées à Nessonvaux, les Imperia, Vanguard, Standard, Triumph et autres Adler chauffent de bonheur.

Elles attendent, aguicheuses et rondouillardes, sous l’œil roucouleur de leurs préparateurs, le chiffon en érection. Alignées en aiguilles de pin, ces magnifiques ancêtres aux courbes d’un autre âge ont défié le temps pour nous rappeler un épisode de belle belgitude. Sous la forme d’un week-end d’exposition (20, 21 et 22 juin) dédicacé aux joyaux d’Imperia, l’une des plus prestigieuses marques automobiles belges (1).

Passionnés par leur histoire locale, quelques copains ont créé l’association Damas (du nom des canons de fer et d’acier fabriqués dans la vallée de la Vesdre) qui consiste à retrouver et rassembler tout ce qui touche au patrimoine de Nessonvaux. « Il y avait ici la fameuse usine Imperia, rappelle Dany Mosbeux, secrétaire de l’ASBL. De fabuleuses voitures sont sorties de ces ateliers. Avec nos livres, nos expositions, nous espérons créer un musée consacré à cette aventure automobile. Notre association a déjà pu racheter deux véhicules que nous sommes en train de restaurer. Et les autres voitures exposées ce week-end appartiennent à des collectionneurs privés. »

Aux côtés de son épouse, Daniel Hody caresse le capot d’une superbe Vanguard 1953, rutilante comme Liz Taylor à son quatrième mariage : « Après la fin de la production d’Imperia en 1949, cette voiture a aussi été assemblée à Nessonvaux. Les voitures arrivaient d’Angleterre en pièces détachées rangées dans d’immenses caisses en bois que l’on allait chercher à la gare. Et voici le catalogue de cette voiture anglaise qui présente une jolie version cabriolet. Regardez la photo : elle se trouve devant le château de Wégimont ».

Ce vendredi, dès l’ouverture des portes, un visiteur de 83 ans sera particulièrement ému : « Mon père, Julien Hody, viendra voir l’exposition, le cœur serré. Il était le dernier tôlier de l’usine Imperia ».

Une épopée industrielle

Créé en 1908, l’écusson rouge et or, avec couronne impériale – Adrien-Gustave Piedbœuf, le fondateur d’origine belge, provenait d’Aix-la-Chapelle – de la marque liégeoise a été boulonné sur les capots Imperia durant une quarantaine d’années. « La dernière Imperia est sortie des ateliers en 1949, raconte Dany Mosbeux. On ne trouvait plus de moteurs car depuis 1934, la marque qui avait créé un moteur sans soupapes, se fournissait chez Adler (Francfort), puis chez Hottchkiss (Paris). Après les mille moteurs achetés chez Hottchkiss, il n’y avait plus rien. Mais il restait 500 travailleurs à Nessonvaux… »

En cheville avec le constructeur britannique Standard, les dirigeants liégeois obtiennent un contrat qui permet de prolonger leurs activités de montage. En 1954, Standard est racheté par Triumph qui propose à l’atelier de Nonssevaux d’assembler la TR2 et la TR3 jusqu’en 1958, date de la fermeture définitive de l’usine.

Ce week-end, une vingtaine de véhicules de ces différentes marques ainsi que des motos Adler (également assemblées chez Imperia) seront au garde-à-vous pour retracer l’épopée d’une région automobile

Avec le pied délicat de l’expert, André Léonard arrive de Bastogne au volant de son bolide, un cabriolet Imperia bordeaux et noir : « J’ai cinquante voitures de collection dont toutes les Jaguar, une Chevrolet, une Dodge. Je n’ai qu’une Imperia. Mais point de vue moteur, c’est impeccable. Même après des mois d’arrêt, elle n’a jamais dit non ! » Aguicheuse ?

(1) Expo rue Vallée 609 à Fraipont (à 2 km d’Imperia) de 10 à 22 heures.

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