Les vacances scolaires débutent...

BERKENBAUM,PHILIPPE; RENETTE,ERIC

Vendredi 20 juin 2008

Record déjà battu à Zaventem

Les examens terminés, la plupart des ados sont livrés à eux-mêmes, dix jours avant l’été. Les écoles n’ont rien prévu. Les départs en vacances devraient être anticipés : le 26 juin sera un jour de grosse affluence à Zaventem.

Youpi, la quille ! Dès ce vendredi 20 juin, l’immense majorité des 350.000 élèves du secondaire peuvent pousser un ouf de soulagement : ils sont en vacances. Les examens sont terminés, finie l’école. Qu’ils aient douze ou dix-huit ans, ils ne sont plus tenus d’y aller d’ici la rentrée de septembre, bien qu’officiellement les vacances d’été ne commencent que le 1er juillet. Sauf si leurs parents le souhaitent. Dans ce cas, les établissements scolaires sont tenus de les prendre en charge et même de « leur garantir un encadrement éducatif et pédagogique », comme le rappelait récemment le ministre Christian Dupont à la tribune du Parlement.

Le hic, c’est que la grande majorité des écoles n’ont rien prévu pour occuper leurs élèves pendant ces dix jours, dits « blancs » parce que les cours sont terminés alors que les congés n’ont pas encore officiellement commencé.

La Fapeo, Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel, a sondé ses membres pour savoir ce que les écoles de leurs enfants comptaient organiser. Résultat : rien, à de très rares exceptions près. Le plus souvent, les enfants resteront livrés à eux-mêmes. Dans l’enceinte de l’école (sous surveillance) si leurs parents l’exigent, à l’extérieur s’ils l’autorisent. Et ce qui est vrai dans l’enseignement officiel l’est tout autant dans le libre.

Pourtant, rappelez-vous : l’an dernier à la même époque de l’année, face à l’indignation croissante de parents dont les enfants étaient lâchés dans la nature de plus en plus tôt en juin, la ministre de l’Enseignement d’alors, Marie Arena, avait déclaré la guerre aux jours sans cours de fin d’année. Un an, un décret et une circulaire plus tard, force est de constater qu’ils sont toujours là.

Mais de là à dire que rien n’a changé, il y a une marge. Au moins la situation est-elle devenue moins anarchique que par le passé, quand les écoles organisaient leurs périodes d’examens à peu près quand elles le voulaient. Certaines terminaient le 10 juin, d’autre le 25. Une telle cacophonie n’est aujourd’hui plus possible. Le nouveau décret organisant les « évaluations sommatives », publié au début de l’année, resserre le calendrier des examens et fixe une date commune et obligatoire pour la fin des épreuves. Elle tombait, cette année, le 18 juin. Aucune école ne pouvait avoir fini plus tôt.

Rien n’interdit d’avoir fini plus tard. Sauf qu’une fois les examens terminés, les directeurs et enseignants ont besoin de temps pour les corriger, organiser les délibérations, réunir les conseils de classe, distribuer les bulletins, enregistrer les recours éventuels… « Ce fut un casse-tête d’organiser tout cela et les examens sur une période plus serrée, témoigne ce préfet. Nous demander en plus de mettre sur pied, dans un si court laps de temps, des activités pour la fin juin, cela relevait de la gageure. Du moins pour cette année, les nouvelles dispositions venant à peine d’entrer en vigueur. »

2008, année de transition ? Marie-Christine Linard, vice-présidente de la Fapeo, veut bien entendre l’argument. « Nous n’imaginions pas que des choses extraordinaires seraient mises en place dès cette année, admet-elle. Il faut laisser aux écoles le temps de s’organiser. Nous serons beaucoup plus exigeants l’année prochaine. Dès la rentrée, nous entendons que la concertation ait lieu entre les écoles, les parents et les pouvoirs organisateurs. Pour qu’en juin 2009, de vraies activités soient proposées aux élèves. »

Les représentants des parents d’élèves l’avaient déjà dit dans le passé : les jours blancs sont une belle occasion, à leurs yeux, « de ramener un peu de culture à l’école », en leur ouvrant les musées, les théâtres, etc. « Il faudrait une plus grande coopération entre les ministres de l’Enseignement et de la Culture. Nous regrettons qu’elle n’ait pas eu lieu jusqu’ici. Il faudra que la Communauté française se montre plus proactive. »

De son côté, le ministre Dupont a chargé son administration de dresser le bilan de cette première année scolaire sous le régime du nouveau décret et des activités déjà organisées. A l’entendre, certaines écoles prévoient déjà une « correction individualisée des examens ou un bilan des compétences maîtrisées par chaque élève », tandis que « d’autres organisent des voyages scolaires et des journées culturelles et sportives ».

Quant à savoir si, à l’inverse, certaines écoles vont jusqu’à refuser l’accès aux élèves, la réponse est claire : aucun cas n’a été signalé jusqu’ici, dit-on au cabinet. Mais sans doute est-il encore trop tôt.

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