La criminalité violente en baisse
DUBOIS,FREDERIC
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Samedi 21 juin 2008
Charleroi Statistiques policières deux ans après l’instauration du plan Charlequint
Pour faire face au crime, les polices locales, fédérale, le Parquet et la direction de la Prévention et de la Sécurité ont donc décidé de fonctionner en parfaite collaboration. Les opérations de sécurisation ont ainsi été multipliées, totalisant 27.846 heures de travail, soit l’équivalent de 18 temps plein sur l’année 2007. Pour les cinq premiers mois de 2008, les contrôles de véhicules et personnes sont passés de 469 à 640 opérations mensuelles. Les commerçants ne sont pas oubliés : quelque 1.220 contacts par mois ont été établis sur les 23 derniers mois. Toutefois, les braquages de petits commerces ont repris de plus belle en ce début d’année, puisque 154 faits ont été recensés sur l’arrondissement judiciaire. « Le phénomène étant difficilement cernable, il semble intéressant d’axer sur la prévention, explique Jean-Pierre Doraene, chef de la police fédérale carolo. Seulement 160 commerçants se sont raccordés au système télé-police. Or, sur les 15 appels pertinents, 9 ont conduit à l’arrestation des auteurs. »
Les bienfaits du plan Charlequint sont néanmoins multiples. Le phénomène du tiger-kidnappping est quasi jugulé puisqu’un seul fait a été comptabilisé cette année. Les « early morning » et les home-jackings ont disparu des statistiques et les car-jackings sont stabilisés (44 en 5 mois tout de même). Plusieurs bandes organisées, impliquées dans des faits de violence et des règlements de comptes ont été démantelées, amenant 56 arrestations. Et le suivi judiciaire est bien réel puisque 32 personnes ont été condamnées en correctionnelle. Dans le même temps, deux bandes de tiger-kidnappers écopaient jusqu’à 20 ans de prison devant la cour d’assises.
Certains chiffres restent toutefois alarmants. Les vols avec violence sur la voie publique ont connu une poussée entre 2006 et 2007, le centre-ville enregistrant 75 % des faits. Les cinq derniers mois annoncent toutefois un léger recul. Le plan Charlequint devrait en outre s’étendre aux vols de et dans véhicules, en pleine explosion. En 2007, 7.423 faits ont été comptabilisés, dont 5.877 uniquement sur Charleroi. Ce qui fait aujourd’hui du phénomène l’une des priorités du Procureur du Roi Christian De Valkeneer, qui étudie la possibilité d’installer des « voitures-piège », efficacement testées à Bruxelles.
« J’envisage des brigades privées »
Quotidiennement, Bernard Cayman, propriétaire de l’hôtel Ibis de la Ville Basse, doit faire face à des clients mécontents, victimes d’un vol dans leur véhicule. « Un GPS envolé, un portable dérobé : cela arrive tous les jours, explique le promoteur immobilier. Nous avons fermé notre parking et installé une porte de sécurité. Nous avertissons également nos clients du danger à la réception. Mais je ne vois aucune évolution. J’envisage même de recourir à des brigades de surveillance privées. »
Conscient que tous les hôteliers de Charleroi sont concernés par l’épidémie, puisque le phénomène est assez mouvant, Bernard Cayman déplore que les 60 caméras de surveillance promises par le bourgmestre voici quelques mois ne soient toujours pas en fonction. « Si elles existent, elles sont bien cachées, ironise-t-il. Après 18 heures, c’est le couvre-feu à la Ville Basse, ce qui laisse le champ libre à la délinquance. La présence policière est quant à elle assez sommaire. Le projet Engelstein pour la rénovation du quartier devrait ramener des établissements Horeca et donc de l’animation. Il apportera aussi des parkings souterrains sécurisés. J’attends tout cela avec impatience. »
