La mémoire serait aussi en péril

DU BRULLE,CHRISTIAN

Mardi 24 juin 2008

Quel est l’impact des rayonnements électromagnétiques sur notre mémoire ? Et après quelles doses des perturbations se manifestent-elles ? Voilà ce que Dirk Adang a aussi voulu savoir dans le cadre de sa thèse. Ses constatations ont dépassé ses espérances.

Il en ressort que de longues expositions (pendant 15 mois) aux rayonnements causaient d’évidentes pertes de mémoire aux rongeurs. Un effet qui n’a pas été observé chez des animaux exposés pendant deux mois. Ici aussi, les raisons profondes des mécanismes physiologiques restent à déterminer.

Pratiquement, le chercheur a mené une série de tests sur deux batteries de rats. D’une part, sur des animaux qui ont été exposés pendant deux mois à peine aux émissions électromagnétiques similaires à celles de GSM et d’autre part, sur des rats qui ont encaissé quinze mois d’exposition à un tel type de rayonnements.

Dans le cadre de cette sous-étude, les rats exposés pendant deux mois l’ont été à raison de deux heures par jour, cinq jours par semaine. Les autres animaux ont également été exposés aux rayonnements deux heures par jour, mais ici sept jours sur sept.

Chacun de ces deux groupes était bien entendu composé de sujets effectivement exposés aux rayons et d’autres non (groupe témoin).

Dans un premier temps, tous les animaux de ce test ont été entraînés à reconnaître deux objets identiques. Dans un second temps, un nouvel objet (différent) est placé dans la cage à la place d’un des deux objets « familier » pour le rat. Le comportement naturel des animaux veut que le temps d’exploration consacré à chacun de ces objets soit alors différent. L’objet déjà connu est moins longtemps étudié (reniflé) par le rat que l’intrus.

C’est exactement ce que les chercheurs ont observé sur le groupe des rats exposés pendant deux mois aux rayonnements de GSM. Les rats exposés, comme ceux du groupe témoins, ont adopté ce type de comportement. Par contre, chez les animaux exposés pendant 15 mois aux ondes de GSM, la mémoire de l’objet « connu » semble avoir disparu. Chez ces derniers, le temps passé à explorer l’objet théoriquement connu et l’intrus était sensiblement aussi long.

« Ce constat devrait suffire et pouvoir justifier des études complémentaires à ce propos », estime le chercheur.

Pas de résultats.