à la knesset, sarkozy va dans le sens de l’histoire

LOOS,BAUDOUIN

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Mardi 24 juin 2008

Personne ne pourra contester la puissante empathie que le président français ressent à l’égard d’Israël. Les sceptiques, s’il en reste, pourront s’en convaincre en écoutant le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé ce lundi à la Knesset, à Jérusalem. Il employa en effet les mots les plus émus, les plus admiratifs et les plus élogieux pour, par exemple, vanter « les valeurs universelles sur lesquelles l’État d’Israël a été fondé », admirer « ce peuple d’Israël qui a choisi la liberté et la démocratie » ou louer Israël, « seul endroit au monde où il est sûr qu’on n’obligera jamais les Juifs à porter l’étoile jaune »

Mais les mots qui frappèrent le plus par leur sagesse et leur courage concernaient les conditions à réunir pour réussir la paix israélo-palestinienne. Jamais, un homme d’État occidental n’avait en effet osé dire à la Knesset des mots aussi justes : « On doit la vérité à ses amis. La vérité, c’est que la sécurité d’Israël ne sera véritablement assurée que lorsqu’à ses côtés, on verra enfin un État palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable. Il ne peut y avoir de paix sans l’arrêt de la colonisation. Il ne peut y avoir de paix si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme (…) ; il ne peut y avoir de paix sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens (…) ; il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux États. »

Certes les esprits chagrins feront observer que Nicolas Sarkozy tient comme à la prunelle de ses yeux à la réussite de « son » sommet de Paris, le 13 juillet, quand sera portée sur les fonts baptismaux l’« Union pour la Méditerranée », son grand projet de partenariat (que l’Europe du Nord, et surtout les Allemands ont pourtant vidé d’une grande partie de sa substance…). Et que, pour cette réussite, il fallait convaincre les quelques régimes arabes récalcitrants à l’idée de s’asseoir aux côtés d’Israël…

Il n’empêche, les mots restent. Évoquer, à la Knesset, Jérusalem comme capitale de deux États, demander l’arrêt de la colonisation – cancer qui ronge le processus de paix depuis son origine – et, même, oser suggérer une solution au problème des réfugiés, tout cela demandait courage et sens de l’Histoire, qualités dont il faudra désormais créditer Nicolas Sarkozy dans ce dossier.

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