Ex-CCC : la presse sous enquête
METDEPENNINGEN,MARC
Vendredi 27 juin 2008
Terrorisme Sassoye reste en prison, les membres du Secours rouge sont libérés
Les trois libérés contestent les charges retenues
contre eux. La police a un journaliste en ligne de mire.
La décision de la chambre des mises en accusations de libérer trois des quatre militants du « Secours rouge » arrêtés le 5 juin sous l’inculpation d’appartenance à une organisation à vocation terroriste a rapidement produit ses effets. À 13 h 50, Wahoub Fayoumi, la journaliste de la RTBF, sortait de la prison de Berkendael. Elle s’inquiétait du sort de ses camarades, rejetant toutes les accusations portées contre elle. Ce matin, elle devrait être réintégrée dans ses fonctions à la RTBF, à l’issue d’un entretien avec l’administrateur général. À 15 h 45, c’était au tour de Constant Hormans de quitter sous les vivats de ses partisans la prison de Forest. Il a qualifié son arrestation de « scandale », dénonçant des conditions d’incarcération particulièrement dures. Un peu plus tard, c’était au tour d’Abdallah Ibrahim Abdallah de retrouver la liberté. Il s’est refusé à tout commentaire. Les trois libérés ne peuvent se parler pour une durée de trois mois. Bertrand Sassoye reste en prison pour une durée d’au moins un mois. En marge de ces libérations, on a appris que les inculpés avaient été interrogés sur leurs relations avec les membres du Secours rouge (SR), sur le fonctionnement de cette association « de soutien aux prisonniers politiques » ; même si le parquet fédéral dément que l’enquête menée par la
juge Bernardo-Mendez concerne le Secours rouge.
Les inculpés, comme d’autres membres du SR, ont été interrogés par la police fédérale sur leurs relations avec un journaliste qui n’est ni membre de leur organisation ni un soutien à leur cause, et qui ne s’intéressait à eux que dans le cadre de reportages.
Ce journaliste, qui se refuse pour l’heure d’être nommé, considère que la police et le parquet fédéraux ont sciemment abusé de la loi sur le secret des sources en se prévalant d’une enquête sur des actes terroristes. Il s’inquiète des mesures inquisitoires qui pourraient avoir été menées sur ses activités professionnelles.
Son avocat va demander des comptes au ministre de la Justice.