Le sommet UE/Russie entre dans le vif du sujet

n.c.

Vendredi 27 juin 2008

Après un premier contact égayé par un concert et du foot jeudi soir, les dirigeants de l’UE et le président russe Dmitri Medvedev passent aux choses sérieuses ce vendredi en Sibérie en lançant de difficiles négociations sur un nouvel accord stratégique.

L’idée est de remplacer l’accord de partenariat en vigueur depuis 1997 par un texte plus adapté aux ambitions de la Russie d’aujourd’hui : un accord couvrant tous les domaines de relations entre Européens et Russes, de l’énergie au conflit abkhaze en passant par le commerce, la lutte contre le terrorisme ou les droits de l’Homme.

Les pourparlers vont commencer pour de bon le 4 juillet à Bruxelles. Ils dureront un an au moins, peut-être deux, à en juger par les négociations commerciales à rallonge de ces derniers mois entre Européens et Russes.

L’énergie est pour les Européens un des points les plus sensibles. Eux qui dépendent de plus en plus des hydrocarbures russes veulent, pour assurer leur sécurité énergétique, pouvoir investir en amont dans la production russe. Ce qui suppose un climat d’investissements beaucoup plus transparent qu’il ne l’est actuellement.

Le Kremlin – qui a organisé ce sommet dans une ville sibérienne symbole du boom pétrolier russe – voudrait lui voir les Européens ouvrir leurs marchés de la distribution au géant gazier Gazprom. Ce qui inquiète la Commission européenne, au moment où elle pousse au contraire à la scission des groupes européens qui sont à la fois producteurs et distributeurs d’énergie.

Mais en attendant de rentrer dans le vif de ces sujets difficiles, ce sommet est surtout pour les Européens l’occasion de sonder M. Medvedev et ses ambitions en matière de politique étrangère, alors que son prédécesseur Vladimir Poutine reste puissant au poste de Premier ministre.

Face à la récente montée de tension entre Moscou et Tbilissi autour de la république séparatiste géorgienne d’Abkhazie, les Européens demandent à Moscou de respecter « l’intégrité territoriale » de la Géorgie et espèrent calmer le jeu en poussant les parties à négocier.

Mais jusqu’ici Medvedev n’a rien lâché de la position très dure prise par Poutine. Il a même reçu jeudi le « président » abkhaze.

Moscou continue aussi à batailler à l’ONU contre la mission de police et de justice que l’UE tente de déployer au Kosovo, pour accompagner une indépendance qu’elle a soutenue alors que Moscou l’a toujours rejetée.

(afp)

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