Pour Maingain, Leterme fait l’autiste
n.c.
Dimanche 29 juin 2008
La nouvelle proposition du premier ministre dans le dossier BHV n’a pas l’heur de plaire au président du FDF, Olivier Maingain. Lequel estime n’avoir d’Yves Leterme qu’une réponse « un peu d’autiste » sur la question de la nomination des bourgmestres francophones dans la périphérie. Eric Van Rompuy, de son côté, prédit un clash faute d’accord communautaire, le 15 juillet.
Le président du FDF Olivier Maingain a qualifié de « plutôt insignifiante » une nouvelle proposition énoncée samedi par le premier ministre Yves Leterme dans le dossier BHV. M. Maingain a rappelé que dans le chef des francophones reste posée la question de la nomination des bourgmestres. « Je n’ai qu’une réponse un peu d’autiste à cette question », a-t-il indiqué dimanche sur la RTBF.
« Le premier ministre n’a pas encore compris grand-chose », a indiqué dimanche Olivier Maingain qui a rappelé que les francophones avaient accepté de s’engager dans des négociations malgré de nombreux signaux contraires, que ce soit la non-nomination de bourgmestres, le vote unilatéral de la scission de BHV ou une série d’initiatives jugées malheureuses dans diverses communes flamandes.
Olivier Maingain a rappelé qu’il fallait des « signes patents » notamment en ce qui concerne la nomination des bourgmestres. Or, « je n’ai qu’une réponse un peu d’autiste à cette question », a-t-il dit.
Le premier ministre Yves Leterme qui a rencontré séparément samedi les négociateurs francophones et flamands dans le cadre de l’examen du dossier BHV a fait à cet égard de nouvelles propositions, a-t-on appris.
Préalablement, les francophones avaient fait part de leur « très mauvaise humeur » après une série de prises de décisions dans des communes de la périphérie jugées par eux discriminantes.
Pour Olivier Maingain, la nouvelle proposition d’Yves Leterme est « plutôt insignifiante », qui plus est, elle n’est ni « rédigée », ni « structurée ». Selon le président du FDF, elle est « à ce point faible que les francophones ne peuvent la prendre en considération ».
Le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V) est d’avis qu’il sera extrêmement difficile d’aboutir à un accord communautaire le 15 juillet, a-t-il indiqué dimanche dans l’émission « De Zevende Dag » sur la VRT. « Faute de miracle, nous allons inéluctablement vers un clash », a-t-il prédit. Pour le président du FDF, Olivier Maingain, interrogé par la RTBF, en l’absence de signaux clairs côté flamand concernant Bruxelles et sa périphérie, « les négociations vont s’enliser et le résultat pour le 15 juillet sera nul pour ne pas dire désespéré ».
Selon Eric Van Rompuy, on s’inscrit petit à petit dans une crise de régime en raison du fait que les francophones refusent les réformes nécessaires. Samedi, le ministre-président flamand, Kris Peeters, a indiqué qu’une crise politique majeure sera inévitable sans accord communautaire le 15 juillet. M. Maingain a répété à cet égard ne pas pouvoir accepter le « chantage » exercé selon lui par le nord du pays, rappelant notamment qu’il n’était pas à l’origine du délai imposant le 15 juillet comme date-butoir.
Sur la VRT dimanche, Eric Van Rompuy a dit ne pas avoir été surpris par le recul du cartel CD&V/N-VA annoncé dans un sondage commandé par la radio-télévision de service public flamande et le quotidien « De Standaard ». La Belgique est confrontée depuis un an à une crise institutionnelle qui mine le gouvernement du premier ministre Yves Leterme, a-t-il dit.
Le bouillant député flamand s’est dit pessimiste quant à l’opportunité de voir aboutir les négociations pour le 15 juillet. Il en veut pour preuve l’obstination francophone à revendiquer un élargissement de Bruxelles et à vouloir maintenir le système de dotations fédérales. Il a aussi mis en évidence le refus de la ministre de l’Emploi Joëlle Milquet de vouloir régionaliser la politique encadrant le marché du travail.
(d’après Belga)
