Non-assistanceà pays en danger

DELVAUX,BEATRICE

Lundi 30 juin 2008

On peut l’écrire les yeux fermés : les Flamands vont dire que si tout bloque, c’est la faute à Maingain qui met de l’huile sur le feu. Les francophones alpagueront Kris Peeters et Eric Van Rompuy, pour leur chantage à la « très grave crise ».

Pendant ce temps :

1) des transgressions des droits de l’homme se répètent au nord du pays (Overijse, Vilvorde) sans être véritablement condamnées par le Premier ministre et les instances flamandes responsables ;

2) l’Union belge de football pourrait être scindée ;

3) des Wallons affirment de plus en plus fort leur souhait de rompre les liens avec le nord du pays et certains francophones se refusent plus que jamais à parler dans leur langue aux Flamands ;

4) un jeune écrivain flamand s’étrangle devant les similitudes qu’il voit entre certaines situations de l’Allemagne des années 30 et certains comportements au nord du pays ;

5) des journalistes des deux communautés perdent leur sang-froid sur un plateau télévisé.

Voici quelques effluves du climat sordide créé et nourri par l’abandon du champ politique par ceux qui doivent en cadrer les limites et les objectifs.

Si Leterme passe le cap du 15 juillet sans avoir jeté les bases d’une refonte fondamentale et équilibrée de la Belgique, il n’y aura que des motifs de réelle inquiétude sur l’état déliquescent de ce pays.

Il faut que les francophones entrent dans ce pow-wow institutionnel d’envergure. Mais alors les Flamands devront accepter des compromis forts. Sous peine de ne construire aucune solution durable et respectable. Ou de valider l’idée qu’ils ne veulent que ce qui sert leurs intérêts, assouvit leurs ressentiments ou comble leurs frustrations.

La solution qui fait concomitamment s’élargir Bruxelles et s’accroître les compétences régionales, en garantissant les droits des minorités et un financement dans chaque région, est tout sauf stupide. Elle a même beaucoup d’allure. Elle demande créativité, courage, mais surtout sens des responsabilités. Ceux qui ne les prendront pas, seront lourdement coupables. Sans pouvoir prétendre qu’ils n’ont pas été prévenus.

Pas de résultats.