Pas d’accord : Leterme s’effondre, la Belgique glisse…
COPPI,DAVID
Lundi 30 juin 2008
Scénario deux
Le 15 juillet, le Premier ministre avoue (ou masque mal) son impuissance à tracer les contours d’un compromis Nord-Sud. Son cartel électoral CD&V/N-VA juge cela insupportable au regard des revendications flamandes de longue date. Au sud du pays, les partis francophones ne peuvent plus justifier devant leurs opinions publiques de rester au sein d’un gouvernement inopérant dans le domaine socioéconomique (mais aussi : le dossier des sans-papiers, etc.) et en échec sur l’institutionnel, donc ils décrochent eux aussi. On arrive alors à la « crise majeure » évoquée régulièrement sous forme de menace, dans ses interviews, par Kris Peeters, le ministre-président flamand – à de si nombreuses reprises, d’ailleurs, que cela en devient suspect : voudrait-il exécuter son coreligionnaire Leterme…
Par « crise majeure », il faut entendre qu’elle est, clairement cette fois, politique et de régime. Avec quelles conséquences ? Ce mélange d’autisme entre les représentants des communautés et de compétition effrénée entre partis ne promet rien de bon, mais ses effets restent insondables. Cela peut aller de la convocation de législatives anticipées (problème : sans avoir réglé le sort de BHV ? On voit déjà la série de boycottages du scrutin dans les communes en Flandre) à la mise en continuation du Leterme Ier, peut-être remanié, revisité, jusqu’aux régionales européennes de juin 2009, ou d’un Van Rompuy Ier, d’un Peeters Ier, d’un Reynders Ier, comme autant de tentatives désespérées d’éviter le pire : l’aspiration de la Belgique dans le trou noir.
