Un accord le 15 juillet : Leterme pavoise, la Belgique aussi

COPPI,DAVID

Lundi 30 juin 2008

Scénario un

Yves Leterme porté au pinacle : il aura été le seul à soutenir qu’un accord était possible pour le 15 juillet. Tout le monde s’incline. Sa date-butoir, devenue couperet, se mue – baguette magique ! – en tremplin pour le locataire du « seize », qui peut alors se plonger dans la législature 2007-2011 fort d’un accord « historique » qui met fin à la crise politico-communautaire de plus d’un an (à compter des législatives de juin 2007), et qui offre une nouvelle période de stabilité à la Belgique… Une période de stabilité, disons, provisoirement durable, vu que le pays est congénitalement voué à « évoluer ».

Mais enfin, ne boudons pas notre plaisir : hormis le fait qu’un nouveau « grand » Premier ministre est né (une perspective qui, soit dit en passant, n’est pas forcément du goût de tout le monde, pas même au sein de son parti, l’ex-CVP…), cet « accord » du 15 juillet n’est pas une mince affaire, il règle le contentieux belgo-belge au grand-angle : scission de BHV, préservation des droits politiques des francophones dans la périphérie, cela en s’inspirant du quasi-compromis du printemps 2005 sous Verhofstadt II ; voire – c’est l’accord idéal – élargissement de Bruxelles à une poignée de communes de la périphérie ; solution structurelle pour limiter à l’avenir les « tracasseries » dont les francophones sont victimes de la part d’autorités communales en Flandre ; nomination des bourgmestres ; autonomie accrue des Régions, qui sont « responsabilisées » (le terme en vogue en Flandre) et auxquelles échoient de nouvelles compétences.

La Belgique sort de la grande lessiveuse moins « fédérale », plus « confédérale », mais son socle trirégional est renforcé, notamment par l’affirmation de Bruxelles, refinancé et dont la gouvernance démocratique est redéfinie.

Restera aux francophones à y voir clair dans leur propre construction, entre Wallonie, Bruxelles, Communauté française… On n’est jamais tranquilles.

Pas de résultats.