« Ah ! si les ultras de chaque côté… »

COPPI,DAVID

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Vendredi 4 juillet 2008

Politique Du social le 15 juillet ou « il y aura un immense problème politique ». Quant à l’institutionnel…

Date butoir pour Yves Leterme, le 15 juillet est, en somme, incontournable pour Elio Di Rupo également, « même si on n’est pas à quelques jours près ». Absent ce début de semaine pour cause d’Internationale socialiste à Athènes, le président du PS a convoqué un Bureau jeudi à Bruxelles, pour (re)délivrer son « message » à la veille d’une semaine cruciale de négociations : « Je suis un homme raisonnable, conscient des difficultés, je sais que c’est très difficile d’être au gouvernement, ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire, il y a l’épure budgétaire, mais je ne comprendrais pas que l’on ne réponde pas aux besoins des gens, aujourd’hui et pour l’hiver. »

Interviewé récemment dans Le Soir, le président du PS avait expliqué que la participation de son parti au gouvernement était en jeu ; il est revenu à la charge, estimant qu’en l’absence d’une série de mesures socio-économiques, il y aurait « un immense problème politique ». Du reste, Yves Leterme s’est engagé à se présenter au Parlement le 15 juillet avec une « déclaration » portant sur l’institutionnel, mais aussi sur un programme socio-économique… Elio Di Rupo aimerait donc (à mi-chemin entre : « Je souhaite » et « J’exige »…) y lire ce genre de choses : un bonus fiscal de 1.250 euros par an pour tous les travailleurs au revenu imposable inférieur ou égal à 50.000 euros ; une hausse du salaire minimum, 1.300 euros au moins pour un temps plein ; 18 % d’augmentation des pensions en cinq ans, en tenant compte de l’index et de la liaison au bien-être ; des initiatives de soutien aux familles pour leurs frais de chauffage, via le fonds mazout, la baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité, à 6 % (« elle est réduite en Grande-Bretagne, au Portugal… »), tout « en gardant, voire en relevant » le taux actuel de 21 % en fonction de la

consommation, « pour ceux qui doivent chauffer leurs piscines » ; un 13e mois d’allocations familiales ; la mise à feu de l’Observatoire des prix…

Visés, sans les nommer : N-VA et FDF

Toujours « demandeur de rien » en institutionnel, Elio Di Rupo, dit-il, ne s’émouvra pas si la déclaration du 15 juillet d’Yves Leterme (plus personne ne parle d’« accord »…) en est dépourvue. Le communautaire capte par trop l’emploi du temps de la majorité. Mais on connaît leur soif au Nord d’une réforme de l’État. Or donc, où en est-on ? « Je dois dire qu’Yves Leterme, à sa façon, travaille beaucoup, et sérieusement. » Mais encore ? « Sur BHV, on n’a pas grand-chose. » À qui la faute ? Elio Di Rupo lâche : « Ah, si les ultras de chaque côté… » Qui sont-ils ces « ultras » ? Haussement d’épaules, vrai-faux embarras : « Vous les connaissez… Le problème, c’est qu’ils occupent la place, il faudrait que les modérés reprennent la main. » Plus loin, interrogé sur l’allusion à l’« autisme » d’Yves Leterme, opérée par Olivier Maingain dimanche à la RTBF, Elio Di Rupo dira : « C’est une affaire interne au MR, et je suppose qu’il y a eu une explication, voire des excuses, au Premier ministre… » Là encore, le socialiste pèse ses mots. Mais un message est passé : « Ah !, les

ultras… », entendez la N-VA au nord, qui conditionne le CD&V, et le FDF au sud, au sein du MR. « Or, il faut que chacun prenne ses responsabilités… »

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