500.000 touristes en 2015

SAINTGHISLAIN,VALERY

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Mardi 8 juillet 2008

Mons Ambitieux, le plan stratégique de développement touristique

Et 200.000 nuitées. La Ville en a le potentiel. Reste à le développer. Des pistes sont tracées dans un document.

DOSSIER

Voilà un an que l’échevin Nicolas Martin (PS) planche sur le plan stratégique de développement touristique de Mons. Objectif : faire du chef-lieu du Hainaut une destination en soi. Mieux : transformer Mons en première ville touristique moyenne du pays en dehors de Bruxelles, Bruges, Anvers, Gand et Liège. L’ambition est affichée. Il s’agit de franchir à l’horizon 2015 le cap des 200.000 nuitées (133.000 actuellement) et des 500.000 visiteurs hors Ducasse (242.000 en 2007) ! Sacré challenge…

Atouts et faiblesses

Le document d’une cinquantaine de pages a fait l’objet de multiples rencontres avec les acteurs de terrain, de deux séminaires et de visites dans d’autres villes pour s’y inspirer de ce qui se fait de mieux. Il sera présenté à la rentrée au conseil communal et confirme ce que tout le monde sait déjà : Mons s’appuie sur un formidable potentiel, patrimonial et culturel notamment. Or, ce potentiel est sous-exploité. Moyennant quelques actions et investissements (lire ci-contre), il peut être développé pour faire de ce secteur un véritable levier de développement socio-économique.

Actuellement, Mons est déjà classée comme la deuxième ville d’art touristique de Wallonie, (loin) derrière Liège (600.000 visiteurs en 2005) mais juste devant Namur (213.000). Elle peut s’appuyer sur des joyaux patrimoniaux présents à tous les coins de rue ou presque de l’hypercentre : la Grand-Place, le beffroi, l’hôtel de ville, la collégiale. Elle peut aussi bénéficier de l’aura de sites majeurs situés en périphérie comme le Grand-Hornu (80.000 visiteurs), le Pass (110.000), le château de Seneffe (197.000) ou le parc Paradisio, locomotive numéro un avec ses 630.000 visiteurs. Qui plus est, la ville est bien desservie par le train, la route et les aéroports de Charleroi et Zaventem. Par contre, dans le tableau des faiblesses, Mons « a un grand problème d’image ». Elle reste méconnue et victime de clichés (sale, dangereuse, etc.) et, dès lors, n’est pas encore une destination qui se suffit à elle-même. Cela est sans doute dû à la capacité insuffisante des acteurs montois (horeca, commerces, culture, etc.) à accueillir les visiteurs dans leur langue ou à la faiblesse des synergies entre les différents acteurs.

L’état des lieux énonce comme objectif prioritaire de doper le tourisme de séjour (15 à 20 % seulement des nuitées à l’heure actuelle) et de développer le tourisme d’affaires (65 %). Dans la foulée, il préconise de marteler le slogan « Mons, ville d’art aux trois merveilles du patrimoine mondial » tout en faisant prendre conscience à tous les acteurs locaux que le tourisme peut être générateur de retombées économiques.

Banco sur tourisme de séjour et d’affaires

Le plan stratégique retient deux objectifs prioritaires : développer le tourisme de séjour et affirmer Mons comme un grand centre wallon de congrès. Dans le premier cas, cela passe par des synergies accrues avec les acteurs touristiques hainuyers. L’échevin Martin songe ainsi à renforcer la présence montoise sur le réseau Thalys mais surtout, à l’aéroport de Charleroi Sud et sur son site Internet, « sachant que 40 % des passagers qui débarquent à BSCA ne connaissent pas encore leur destination en Belgique », souligne le document. Des rapprochements doivent être opérés aussi avec les locos que sont Paradisio, le Pass, le Mac’s et Belœil au travers d’échange de bases de données et de renvois sur les brochures et les sites. Il faut, préconise le rapport, développer un réseau des villes d’art francophones, label négligé par l’OPT et la Région wallonne qui préfèrent tabler sur les Ardennes. Il est question dans la foulée de se rapprocher de villes sœurs du nord du pays (Gand et Bruges) et voisine (Lille). Évidemment, de nouveaux packages « week-end à Mons » devront être élaborés en concertation avec les hôteliers.

Ces produits devront idéalement intégrer une visite de la vieille ville mais aussi, au choix, du Mac’s, du Pass, de Paradisio ou des châteaux de Seneffe et Belœil. On peut imaginer des déclinaisons culturelles (avec la maison Van Gogh ou le musée Duesberg), « Doudou » (en lien avec les futurs Mont-de-Piété et Maison du Doudou), en lien avec les minières néolithiques de Spiennes (classées elles aussi à l’Unesco) ou fêtes de fin d’année (avec les marchés de Noël sur la place ou au château d’Havré), périodes traditionnellement creuses. Une fois réaménagé, le beffroi devrait attirer à lui seul 100.000 visiteurs par an. Il faut aussi refaire du lobbying auprès des tour-opérateurs britanniques pour vanter le riche passé militaire montois. La reconnaissance de Mons comme ville touristique n’est pas abandonnée : elle permettait aux commerces d’ouvrir le dimanche et les jours fériés. L’accueil devra y être soigné : un guide de survie est en finalisation pour aider commerçants et restaurateurs à dialoguer avec les clients étrangers en anglais. Des aménagements simples comme la création d’une centrale de réservation hôtelière au sein de l’office du tourisme sont recommandés pour informer le touriste en temps réel des disponibilités. L’accent marketing sera mis sur les publics de proximité : la Flandre, la Hollande, le Nord de la France, le sud de l’Angleterre et la

Rhénanie.

Jusqu’à 250 euros par jour

Le tourisme d’affaires mérite également toute l’attention, sachant qu’un congressiste peut dépenser jusqu’à 250 euros par jour (moyenne : 150 euros, logement compris). Le but, là, n’est pas de concurrencer les grands centres mais de se positionner dans le créneau moyen avec un palais des congrès de 500 places en gradin (maximum 2.000). Les fonds Convergence vont financer la construction d’une telle structure. « Idéalement, note le plan, Mons devrait encore gagner au moins 200 chambres de haut niveau pour répondre aux besoins des congressistes. »

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