L’heure de vérité devra sonner un jour

LAMQUIN,VERONIQUE

Dimanche 13 juillet 2008

Un contrôle budgétaire bouclé en moins de temps qu’il ne faut, d’habitude, pour planter le décor… Un accord socio-économique qui fait la synthèse, en quelques heures, entre l’aile gauche et l’aile droite du gouvernement… Et, aujourd’hui ou peut-être demain un accord communautaire ? Si le pays se réveille, mardi, avec un compromis à la belge, on soupirera d’aise d’avoir évité le pire. A juste titre. Parce que le gouvernement n’a que trop perdu de temps dans la gestion des priorités socio-économiques. Mais aussi et surtout parce que les défis communautaires réclament davantage qu’une nuit blanche pour être relevés. Un soupir d’aise, donc, mais aussitôt une crainte. Que l’accord hâtivement placardé sur les murs de la maison Belgique ne repousse une nouvelle fois la vraie explication.

Parce qu’alors, ce ne sont pas treize mois qu’on aura perdu, au Royaume du fédéralisme malade, mais vingt-quatre.

L’accord, s’il est signé, sera rédigé à l’encre minimale. C’est normal, on ne redessine pas la vie en périphérie bruxelloise et encore moins les contours d’un pays en quelques heures. Or, la maison Belgique a besoin non pas d’un coup de peinture mais d’une rénovation en profondeur, sous peine d’être vouée à la destruction. L’urgence est là : les signes de délitement de l’édifice se multiplient. Les étages fédérés ne supportent plus le poids du toit fédéral. Alors que l’architecture de la Belgique est à ce point complexe qu’elle ne peut tenir debout sans le soutien de toutes ses composantes. Sur une base libre et volontaire. Le veulent-elles encore ? Sont-elles capables de s’entendre sur un nouvel aménagement intérieur, minimum vital d’une vie en commun ? Ces questions-là, cruciales, méritent une réponse. Honnête et franche, sans tabou, de la part de tous les intervenants. Un exercice de vérité sans cesse reporté. Une nouvelle fois repoussé, sans doute, ce 15 juillet. Une occasion manquée. Qui ne se représentera peut-être pas si souvent, avant qu’il ne soit trop tard. Aussi les acteurs politiques de 2008 seraient-ils bien inspirés d’ouvrir le débat sans attendre, à la rentrée. Parce que la prochaine échéance, celle de juin 2009, ne se contentera pas de faux-semblants.

Pas de résultats.