« La balle est dans le camp francophone »
n.c.
Mardi 15 juillet 2008
« C’est au tour des francophones de montrer qu’ils veulent prendre leurs responsabilités », a déclaré le chef de groupe du CD&V à la Chambre, Servais Verherstraeten. Le parti d’Yves Leterme, qui soutient sa démission, s’est redit pour un modèle confédéral. De son côté, Didier Reynders, qui réunit les partis francophones à 15h, a plaidé la relance du gouvernement. Le Roi, lui, poursuit ses consultations.
Pour le CD&V, le modèle de concertation fédéral actuel a montré ses limites. « Le centre de gravité doit être déplacé vers les Régions. Le modèle fédéral actuel est à bout de course », a déclaré mardi matin le chef de groupe CD&V à la Chambre Servais Verherstraeten, traduisant ainsi l’état d’esprit du parti avant une réunion du groupe CD&V au parlement. Plusieurs dirigeants du parti ont plaidé ouvertement pour un modèle confédéral.
La décision du premier ministre Yves Leterme de présenter sa démission est considérée dans le parti comme justifiée. « Leterme a fait tout ce qui était humainement possible pour remplir son rôle », a souligné la présidente du CD&V, Marianne Thyssen. Qu’Yves Leterme n’ait pas réussi à parvenir à un accord communautaire est, pour Mme Thyssen, une preuve que l’on a touché « les frontières de ce qui est possible au niveau fédéral ».
Plusieurs membres du CD&V, dont Servais Verherstraeten et le sénateur et ancien ministre Tony Van Parys, ont plaidé ouvertement pour un cadre confédéral dans lequel les entités fédérées seront le centre de gravité dans la prise de décision.
Pour M. Verherstraeten, il faut chercher « un nouvel équilibre » dans le pays. Pour le député Hendrik Bogaert, « une nouvelle époque pointe à l’horizon ».
D’autres membres du CD&V estiment que les critiques de Francophones selon lesquelles Yves Leterme « a tiré la prise » dépassent les bornes.
Selon le ministre des Réformes institutionnelles Jo Vandeurzen, le parti « a pris des risques ». « Notre parti est allé très loin pour atteindre un accord. Nous avons engagé Jean-Luc Dehaene, Herman Van Rompuy, Yves Leterme et même Kris Peeters. On ne peut pas dire que le parti n’a pas fait d’efforts pour arriver à une solution », a dit M. Vandeurzen.
Chez les chrétiens-démocrates flamands, certains jugent que la balle est maintenant dans le camp des Francophones. Mme Thyssen n’a pas voulu dire tout haut que c’était à ceux-ci de jouer mais, selon elle, ils doivent d’ores et déjà « faire d’avantage d’efforts pour arriver à des résultats ». Mais pour elle, il faut maintenant attendre la décision du roi.
« C’est maintenant aux francophones de montrer qu’ils veulent prendre leurs responsabilités », a déclaré Servais Verherstraeten, déclarant également soutenir la démission d’Yves Leterme. « Nous sommes persuadés qu’une réforme de l’Etat est nécessaire pour réaliser des changements socio-économiques. Nous espérons et attendons que les francophones aillent plus loin », a-t-il conclu.
Les sociaux-chrétiens flamands vont continuer à mettre sur la table la nécessité d’une réforme de l’Etat. « Je ne vais pas faire de discours tonitruants mais une importante réforme de l’Etat reste un des points de notre programme », répète la présidente du CD&V.
Le président de la N-VA-voorzitter Bart De Wever n’a pas souhaité faire de déclaration. « Servais a parle. On m’a demandé de ne pas faire de déclaration », a déclaré De Wever.
(D’après Belga)
