leterme bis et les morts vivants
DELFOSSE,LUC
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Samedi 19 juillet 2008
Soit, il fallait coûte que coûte gagner du temps. Ramener la sérénité dans la population à juste titre déboussolée et – hélas – Yves Leterme au 16.
Personne n’est dupe mais la face est sauve : le 21 juillet 2008 sera encore « national ».
Reste qu’une fois le dernier pétard tiré, fini de s’ébaubir. Parce que ce gouvernement sauvé des eaux n’est évidemment pas un gouvernement « normal » pour reprendre l’expression glaçante de la présidente du CD&V. Cet exécutif mort vivant chemine la corde au cou, déjà à la merci des humeurs et des ukases du parti social chrétien flamand et de sa chapelle nationaliste dont on connaît l’entêtement à imposer son plan unilatéral de remembrement.
Un gouvernement à vocation socio-économique ? Cette blague : depuis hier, siège au « 16 » une équipe en affaires prudentissimes dont on peut déjà deviner les extraordinaires performances collectives.
Ce voyant, le plus doux des agneaux, le plus Belge des Belges, le plus tempéré des philosophes finirait lui aussi par piquer une crise ! Car dans la vie comme en politique, la morgue et le chantage sont des maladies honteuses.
Dès lors, que Madame Thyssen et ses amis cessent de demander aux francophones de bien vouloir « s’asseoir à la table des négociations ». Ils y sont. Depuis des mois. Prêts à discuter de tout
mais évidemment pas à n’importe quel prix…
Quant aux trois vétérans rappelés sous le drapeau (dont le très efficace Karl-Heinz Lambertz), on ne saurait trop leur conseiller de nous revenir le 31 avec un scénario du type canadien. Dans cet autre pays déchiré, le devenir des entités est discuté au sein d’une Conférence nationale réunissant tous les acteurs de la société.
Qu’importe le temps que cela prendra et les crises de goutte du CD&V - N-VA. S’il faut, au pire, se défaire ou, au mieux, rééquilibrer notre fédération, autant que cela soit l’affaire de tous.
