Le déclin socialiste a profité au MR

LAMQUIN,VERONIQUE

Mardi 22 juillet 2008

Politique Enquête sur le comportement électoral en 2007

Une enquête le confirme : le MR a récupéré 75.000 des 237.000 voix perdues par le PS aux législatives de 2007.

Entre le scrutin législatif de 2003 et celui de 2007, 32 % des électeurs wallons ont changé de bord politique. Un chiffre en légère augmentation : voici cinq ans, la proportion d’électeurs « stables » atteignait encore 70 %, contre 68 % l’an dernier. Ces chiffres, fruits d’une enquête post-électorale réalisée pour le Pôle interuniversitaire sur l’opinion publique et la politique (Piop/UCL) par l’institut TNS-Dimarso, dissimulent des comportements assez différents selon les partis. Que les chercheurs de l’UCL ont tenté de cerner, en analysant les 717 réponses récoltées entre octobre et janvier dernier.

Une fidélité variable selon les sensibilités. De tous les partis démocratiques francophones, c’est le MR qui fidélise le plus : en 2007 il a gardé 80,27 % de ses électeurs de 2003. Suivent ensuite le CDH (68,14 %), le PS (67,59 %) et Ecolo (63,56 %). A noter qu’en 2003, la palme de la fidélité revenait aux socialistes, qui avaient conservé 90 % de leurs électeurs de 1999 !

Tout profit pour le MR. Cette perte de fidélité socialiste se paie cash : 237.000 voix ont été perdues par le PS, en 2007, en Wallonie. Au profit, principalement du MR (qui en récupère 75.000), puis d’Ecolo (60.000) et du CDH (44.000) ; quelque 58.000 voix ont été aux autres partis. Le MR, lui, a aussi pris des voix au CDH (31.000) auquel il en cède par ailleurs 24.000. En revanche, il en a perdu 34.000 au profit d’Ecolo. Les Verts ont également grappillé des voix au CDH (26.000), ne leur en donnant que 11.000.

Le poids des affaires ? L’équipe d’André-Paul Frognier attribue ces transferts à « la fin des idéologies, la constitution d’une large classe moyenne aux intérêts moins différenciés que la société de classe »… Et les « affaires » ? La question a été explicitement posée : pour 76,7 % des sondés, cela n’a pas eu d’influence.

Les jeunes électeurs plutôt MR. Les Wallons qui votaient pour la première fois ont préféré les libéraux (26,7 %) aux verts (21,4 %), devant le CDH (15,7 %) et le PS (15,64 %). « On pourrait conclure que les nouveaux électeurs sont plus à droite qu’en 2003. Mais ne suivent-ils pas tout simplement la conjoncture électorale », s’interroge le Piop. Sans conclure.

Le vote, un devoir plus qu’une envie. Imaginons que, demain, le vote ne soit plus obligatoire… Pas moins de 32,6 % des Wallons n’iraient jamais, et 9,9 % iraient seulement parfois. En revanche, 45 % iraient toujours.

L’étude est disponible sur www.piop.be

Pas de résultats.