Un vibrant plaidoyer pour le tram

CONRAADS,DANIEL

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Mercredi 23 juillet 2008

Transport Améliorer la qualité de la vie et faire renaître les quartiers fragiles

Le tram de retour pour 2015 ? « UrbAgora » l’espère et relance le débat en faveur de ce type de transport.

En novembre 1967, le dernier tram qui circulait au centre de Liège rentrait au dépôt. L’ère de ce genre d’engins était définitivement révolue en Cité ardente, pensait-on alors. Ces derniers mois pourtant, des voix se sont élevées pour plaider le retour – jugé sans doute utopique de prime abord – de ces véhicules sur rails. Depuis lors, des décideurs politiques comme le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, et le mayeur faisant fonction d’Ans, Stéphane Moreau, n’ont pas caché l’intérêt qu’ils portent à une réapparition de ce type de transport en commun. Les membres d’« urbAgora », association née en mars dernier dans la foulée du mouvement de protestation contre le projet d’aménagement de la liaison autoroute Cerexhe-Heuseux-Beaufays, désirent, eux, ardemment ce retour du tramway. Avant même de fonder leur association, ils avaient fait circuler une pétition « Oui au tram ! Non à l’autoroute ! » qui, l’automne dernier, a récolté quelque 5.800 signatures en quatre mois. Mardi matin, ils ont relancé la mécanique en divulguant les grandes lignes d’un document de vingt pages intitulé « Quel tram pour Liège » ? « Nous y dressons l’état des lieux d’une réflexion qui se nourrit de deux études précédentes sur le sujet et doit encore évoluer. Nos propositions et nos questionnements doivent donc être considérés comme un appel au débat », précise d’emblée François Schreuer, le président d’« urbAgora », pour qui ce débat doit aussi être très largement ouvert au public de manière à créer un réseau de transports qui corresponde aux besoins de la population. « UrbAgora » (qui rassemble une trentaine de personnes) estime aussi que son plaidoyer pour la réapparition du tram à Liège s’inscrit dans le cadre d’un choix de société. « Nous poursuivons un objectif de justice sociale, insiste François Schreuer. Le tram peut améliorer la qualité de la vie en ville et tout particulièrement dans les quartiers à forte densité de population qui sont aussi les zones socialement les plus fragiles. » Un téléphérique à la Citadelle ? « Paradoxalement, les quartiers les plus peuplés sont aussi les moins motorisés, mais ce sont ceux qui souffrent le plus des nuisances de la circulation. L’introduction du tram, par son exigence d’un site propre, son caractère plus silencieux et non polluant, constitue une chance importante de renaissance pour ces quartiers », souligne « urbAgora ». L’association suggère d’aménager un réseau de trams à propulsion électrique circulant en site propre qui proposerait une fréquence de passage élevée aux usagers. « Aux heures de pointe, ils devraient passer toutes les trois minutes dans chaque sens », préconise-t-elle. Les tramways de ses désirs devraient parcourir un réseau allant de Liège à Ans, Herstal, Fléron et Seraing. Ils devraient aussi décrire une boucle qui passerait par la place Saint-Lambert et les Guillemins en épousant approximativement le tracé de l’actuelle ligne 4 du TEC. Pour ce qui est de l’accès à l’hôpital de la Citadelle, « urbAgora » émet une suggestion originale. Elle propose de créer une remontée mécanique par câble entre l’esplanade Saint-Léonard (où une correspondance serait assurée avec le tram) et l’hôpital. « La durée du trajet serait pratiquement imbattable puisqu’il ne prendrait pas plus de trois minutes », assure-t-elle. Le même prix que CHB ? « UrbAgora » réfute l’argument selon lequel le prix d’un tel réseau s’avérerait astronomique. « Il coûterait 20 millions d’euros par km, si l’on table sur un réseau de 35 km reliant Ans, Herstal, Fléron et Seraing, on atteindrait la somme de 700 millions », estime François Schreuer qui affirme que le coût définitif de la liaison autoroutière CHB se révélera presque aussi onéreux. « Or, elle ne résoudra aucun problème, prédit-il. Les décideurs politiques seraient donc bien avisés en réorientant les investissements en matière de mobilité pour favoriser les transports en commun. » « UrbAgora » constate qu’un nouvel engouement est en train de naître en faveur du tram. L’association reconnaît cependant que le combat est encore loin d’être gagné, mais elle espère rallier les responsables politiques à ses arguments. Et, si elle y parvient, ses porte-parole pronostiquent que le retour des trams dans l’agglomération liégeoise pourrait devenir réalité en 2015.D. C.
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