Le titre Ryanair plonge
n.c.
Lundi 28 juillet 2008
La compagnie irlandaise à bas coût Ryanair estime que le pétrole cher risque de la conduire à une perte cette année. Une annonce qui a fait chuter son action de 22,08 % ce lundi.
Ryanair a annoncé lundi une chute de 85 % de son bénéfice au premier trimestre achevé en juin, et elle a prévenu qu’au lieu de l’équilibre des comptes qu’elle espérait pour cette année, elle entrevoyait désormais un résultat compris « entre l’équilibre et une perte de 60 millions d’euros ».
Le trafic a augmenté ce printemps, mais Ryanair paie lourdement la facture pétrolière, d’autant qu’elle a toujours refusé de pratiquer des surtaxes carburant comme les grosses compagnies. Elle préfère taxer les bagages en soute et désormais même l’enregistrement, quitte à exaspérer le voyageur, tout en pratiquant des baisses de coûts qu’elle qualifie elle-même « d’agressives », des gels de salaires et des suppressions d’emplois.
Le directeur général Michael O’Leary estime que « les prix du pétrole restent soumis à une exubérance irrationnelle » même s’ils baissent actuellement. Il pense que « 130 dollars le baril n’est pas un prix soutenable à moyen terme », mais avoue ne pas savoir « quand les prix vont descendre ». Il a redit ce lundi que Ryanair n’appliquerait « jamais » de surtaxe carburant. En revanche le groupe se propose d’augmenter ses revenus en faisant payer les clients pour téléphoner à bord et en testant cet hiver des vols entièrement sans bagage en soute, ce qui permettrait de supprimer à la fois le personnel d’enregistrement et les bagagistes sur ces vols. Ryanair n’admet qu’un seul bagage en cabine, sans exception pour les sacs à main ou les ordinateurs, dans une limite de 10 kilos.
Assumant sa « politique de prix à la baisse au moment où la plupart des concurrents espèrent relever les tarifs et les surcharges carburant », M. O’Leary a rappelé que « l’industrie aérienne est cyclique », et s’est dit persuadé que « la phase descendante actuelle procurera des opportunités de croissance énormes pour les compagnies fortes et bien financées comme Ryanair ».
Le patron a jugé que « faillites et consolidation sont inévitables » avec des prix du pétrole à un niveau aussi élevé. Un avis que Willie Walsh, le patron de British Airways, a déjà énoncé aussi. Le nouveau patron de l’Australienne Qantas, Alan Joyce, a prédit aussi des consolidations, ce lundi.
Les trois petites compagnies de niche qui s’étaient lancées dans les New York-Paris tout-classe affaires à coût modéré ont toutes fait faillite récemment. En revanche sur le même créneau de niche Paris-New York, la Française L’Avion vient d’être rachetée par British Airways, pour compléter l’offre de sa toute nouvelle filiale OpenSkies, qui a annoncé lundi le lancement d’un Amsterdam-New York pour octobre.
Malgré l’assurance du patron, les analystes étaient inquiets pour Ryanair lundi. Collins Stewart l’accusait de s’être mise « directement sur le chemin de la tempête économique » en favorisant une demande « très tournée vers les vacances courtes, hautement facultatives ». Deutsche Bank jugeait qu’elle était « l’architecte de sa propre baisse de bénéfice en continuant à vouloir augmenter sa capacité dans un environnement économique faible ». La compagnie trouvait grâce cependant aux yeux du cabinet Davy Research qui jugeait qu’elle avait « le modèle d’activité et le bilan les plus solides pour soutenir le retournement du cycle économique et en profiter ».
Ryanair a perdu 22,08 % à 2,52 euros en Bourse ce lundi.
(afp)
