Le dernier sans-papier est descendu place de Brouckère
n.c.
Mercredi 30 juillet 2008
Mohamed, le dernier sans-papier qui occupait une grue à proximité de la place de Brouckère, a finalement accepté de descendre vers 19 heures. Deux grues sont encore squattées par six sans-papiers au rond-point Schuman. Certains menacent de se suicider. Mardi soir, une majorité de sans-papiers avaient quitté volontairement les grues du centre-ville.
Sur le chantier du futur casino de Bruxelles, à côté de la place De Brouckère, le dernier occupant est redescendu mercredi vers 19 heures. Il a été emmené à l’hôpital Saint-Pierre en vue d’y être examiné. Il devrait par la suite introduire un dossier auprès de l’Office des étrangers et ne devrait pas être poursuivi, a indiqué Ali Sayahi-Ofi, un ancien sans-papiers qui a négocié avec lui.
Trois autres sans-papiers ont tenté de remonter sur une grue mais ont été rattrapés par la police. Ils seront déférés au parquet. Ils n’ont pas obtempéré aux injonctions des policiers, ont forcé le périmètre de sécurité et se sont ensuite rebellés, ont indiqué les autorités.
Par ailleurs, des sans-papiers ont escaladé mercredi les échafaudages de l’église du Béguinage à Bruxelles. L’église étant un lieu public, la police devrait procéder à l’expulsion des occupants, selon le porte-parole du bourgmestre.
Deux grues d’un chantier situé au rond-point Schuman sont occupées depuis deux jours par six sans-papiers d’origine. L’un des occupants, un Marocain de 27 ans, a fait savoir par téléphone qu’ils réclamaient des papiers et qu’ils attendraient pour cela aussi longtemps qu’il le faudra. Le sans-papier a ajouté qu’ils sauteront de la grue si des policiers devaient les expulser ou même s’approcher d’eux.
La majorité des occupants de la grue du chantier du casino de Bruxelles, Place de Brouckère, sont descendus de leur propre initiative dans la soirée de mardi.
Selon l’avocat des occupants, Me Alexis Deswaef, un entrepreneur avait introduit une action en référé mardi soir. « Les occupants risquent d’être arrêtés, enfermés dans des centres fermés et d’être rapatriés de force », a indiqué Me Deswaef.
Selon la police de Bruxelles, quelque 24 à 25 personnes seraient descendues des grues mardi soir.
Le porte-parole de la Coordination nationale des sans-papiers, Abdel Bouchoukh, a dit mercredi lors d’un point presse tenu au rond-point Schuman, qu’il soutenait les actions des occupants des grues. « C’est la seule manière de faire passer un message. La fin justifie les moyens. Nous prônons des actions plus dures car les autres mouvements de sans-papiers n’obtiennent aucun résultat. Nous tentons toutefois de contrôler la situation mais le mouvement est en marche et s’étend. La seule issue actuellement pour les sans-papiers est de monter sur les grues », a-t-il déclaré.
La Confédération Construction invitait mardi les autorités à intervenir à la suite des précédentes déclarations de M. Bouchouckh dans la presse « qui avait suggéré la mise en place d’un mouvement massif d’occupations des grues ».
« Les travailleurs doivent rester solidaires. La lutte des travailleurs sans-papiers est un combat de tous les travailleurs. Je connais un grand nombre de sans-papiers qui travaillent au noir sur des chantiers, principalement en Flandre. Les entrepreneurs intelligents dont les grues sont occupées devraient engager symboliquement les occupants sans-papiers », a répondu le porte-parole de la Coordination nationale des sans-papiers.
Le bourgmestre de Bruxelles a épinglé mardi la responsabilité des personnes qui incitent les sans-papiers à risquer leur vie sans participer eux-mêmes à ces actions extrêmes. « Ce n’est pas nous qui jouons avec la vie des sans-papiers mais bien la ministre de la Migration qui les rend désespérés. Nous tentons de sensibiliser les gens et créer un dialogue pour ne plus être méprisés », a rétorqué M. Bouchouckh.
(belga)
