C’était le vicus d’Orolaunum

BODEUX,JEAN-LUC

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Vendredi 1er août 2008

Arlon Le site de la rue de la Meuse délivre de nouveaux secrets

Au fil des nouvelles constructions, les archéologues complètent le puzzle de l’Arlon gallo-romain.

L’Arlon gallo-romain n’a pas fini de livrer tous ses secrets. Depuis que le réaménagement du site Neu, devenu Espace Semois, a été engagé, les archéologues provinciaux ont pu parfaire leurs connaissances sur le vécu de ce site aux II, III et IVe siècles de notre ère.

Voici quelques jours, Denis Henrotay et son équipe ont mis un terme à plus de deux mois de fouilles préventives, entre la rue de la Moselle et de la Meuse, là où se construira le nouveau bâtiment des Mutualités chrétiennes. Soit 200 m2 qui enrichissent la compréhension de l’histoire locale. « Au Ier siècle, il n’y avait rien ici, explique Denis Henrotay. La ville s’est étendue aux II et IIIe siècles. Puis ce quartier artisanal a été rasé fin du IIIe. Et rue de la Semois, il y a eu une réoccupation au IVe. »

Chaque fouille permet de compléter le puzzle largement entamé en 2005, avant que le bassin d’orage et l’immeuble à appartements n’apparaissent. Il y a d’abord la compréhension de terrain, après fouilles minutieuses. Tout est noté, photographié, cartographié. Tous les objets sont emportés pour une analyse qui permet de mieux cerner le quotidien de ces anciens Arlonais.

Les fragments de céramique constituent la plus grosse partie des matériaux trouvés. Depuis 2003, 65.000 morceaux sortis de la terre arlonaise ont été analysés pour comprendre les us et coutumes et les origines de ces poteries. 30 % ont été importées. Les autres objets sont analysés par des scientifiques spécialisés : pièces, pollens, etc. Au niveau alimentaire, on a ainsi pu déterminer que les sauces de poisson venaient de la Méditerranée, puis de la mer du Nord, au IIIe siècle !

Durant ces fouilles, on a également retrouvé un plancher en chêne, bien conservé dans sa terre d’accueil argileuse. « L’objet en soi n’a guère de valeur, mais plus on a d’échantillons, plus c’est facile de dater un bois, poursuit Denis Henrotay. L’écologie des forêts de la région a fait un grand bond depuis 2003, grâce à nos découvertes et à celles faites à Mageroy, à Habay. »

Une publication scientifique a été rédigée sur les céramiques en 2006, et une autre, plus grand public. Elle est disponible au musée archéologique, à Arlon.

D’autres fouilles ont également été effectuées ces derniers mois à Arlon, dans les caves de trois commerces en rénovation, près de la Grand-Place. Les archéologues ont retrouvé la trace de la route qui ceinturait le rempart à l’intérieur de la ville, sur 6 m de large. Un énorme bloc sculpté réutilisé a également été mis au jour. Il restera visible dans la cave de ses propriétaires.

Pas de résultats.