Olga, survivante de la famine et de la mutilation
JANNET,LUCIE
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Jeudi 21 août 2008
Houdeng-Gœgnies Une habitante raconte le calvaire de la famine ukrainienne de 1932
C’était en 1932-1933. Afin de museler les protestations des paysans, le régime stalinien décide d’affamer les campagnes. Les récoltes sont réquisitionnées. Entre 7 et 10 millions de victimes seraient à dénombrer. Aujourd’hui, l’Ukraine essaie de faire reconnaître cette famine en génocide. « Il fallait faire des files et des files pour avoir un petit morceau de pain. Mes parents m’avaient mise dans un coin, continue Olga. En attendant, j’ai tout mangé. J’ai prié pour que ça soit mon père qui revienne avant ma grand-mère, plus sévère. C’est lui qui est arrivé. Il a pleuré et il m’a dit qu’il ne fallait rien laisser, même pas les miettes… »
Olga explique aussi que les églises étaient démontées, que les baptêmes se faisaient en cachette dans les maisons. « En plus de la faim, il y avait la peur. Pour mon anniversaire, mon papa m’a apporté un bonbon. Il pleurait encore et me disait que c’est tout ce qu’il pouvait me donner. Je ne sais pas où il l’a eu. » Malgré les multiples épreuves traversées, Olga ne se plaint pas. Pourtant, à 16 ans, quand la guerre éclate, elle est faite prisonnière dans un camp allemand. Elle y restera jusqu’à ses 20 ans.
Sur place, elle reçoit des injections qui l’empêcheront d’avoir des enfants. « C’est là-bas que j’ai rencontré mon mari, Marcel. Il était belge. Pendant deux ans, on s’est vu à travers les barbelés… »
À la fin de la guerre, Marcel veut emmener Olga en Belgique, mais, apeurée, elle refuse. « Il est parti en convoi avec les autres prisonniers. Au bout de 5 jours, il est descendu, il a volé un vélo et il est revenu me retrouver. » Le jeune couple reprend la route. Mais à la frontière, ils sont de nouveau séparés.
Olga doit avoir des papiers. Elle est emmenée seule à Liège. « Nous étions dans une école. Tous les trois jours, les gens du consulat venaient pour renvoyer les personnes dans leur pays. La concierge m’a cachée chez elle. »
Et c’est en 1945 que Marcel et Olga se sont mariés à La Louvière. Après la guerre, Olga a cherché ses parents. Elle ne les a pas revus. Elle a retrouvé sa famille en 1969. Seule une tante et des cousines étaient encore en vie.
