la belgique malade et la chine triomphante

MOUTON,OLIVIER

Page 18

Lundi 25 août 2008

Trois semaines de sport au plus haut niveau se sont achevées à Pékin. Ces Jeux, ultra-médiatisés, ont été une fable universelle. Une métaphore des enjeux politiques de notre temps.

A l’échelle de notre pays, d’abord. Du monde, ensuite.

Notre petite Belgique sourit à l’issue de ce dernier week-end. Enfin. Les somptueux exploits de nos dames, les relais 4 × 100 m et Tia Hellebaut à la hauteur, sauvent une campagne morose. Une médaille d’or et une autre d’argent : le bilan est certes inespéré, mais il reste insatisfaisant. Le Comité olympique belge le concède. Jacques Rogge, du haut de son expérience internationale, dénonce le manque d’esprit de compétition belge. Et les politiques se promettent de mettre les bouchées doubles pour le prochain rendez-vous de Londres, en 2012.

Voilà une nouvelle métaphore des enjeux qui attendent notre pays. Le sport belge nécessite une action énergique à deux niveaux : la mise en place d’une réelle dynamique pour notre jeunesse, conjuguée à un soutien renforcé – et mieux concerté – à nos sportifs de haut niveau.

En d’autres termes : une action sereine et puissante au niveau des Communautés – compétentes en matière sportive – relayée par des ambitions ciblées portées à l’échelle fédérale.

La question qui en découle est digne des tourments vécus par le gouvernement Leterme : y a-t-il encore une réelle volonté de porter un projet belge sur la scène internationale ? Les prouesses de notre relais féminin et de notre sauteuse méritent assurément une réponse positive.

Si l’on s’éloigne de notre nombril, un autre constat saute aux yeux : ces Jeux ont été ceux de la Chine. Une organisation impeccable, une pollution contrôlée, une victoire sportive au nombre de médailles d’or… Oui, l’Empire du milieu est une puissance émergente qui va tout dévorer sur son passage. Mais on ne saurait boucler ces trois semaines sans réitérer une exigence ferme d’humanisation et de démocratisation du régime chinois. La réalité des droits de l’homme et des droits sociaux, derrière des images hyper contrôlées, reste préoccupante. Au-delà des paillettes sportives, la Chine triomphante doit encore prouver au monde sa volonté d’ouverture.

Pas de résultats.